‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 129 sur 193 · MANCHESTER. - ALGÉRIE · texte numérisé non relu

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n'y a rien à conclure de ce délaissement passager; un défaut de convenance l'avait amené, un retour de convenance suffira pour le combattre. KÉgypte n'en gardait pas moins les éléments et la tradition de ce travail, qui devait renaître de lui-môme et à peu de frais se développer. L'association de Manchester n'en fit pas l'objet d'un doute; ses fonds ne pouvaient avoir de destination plus profitable ; elle traita de puissance à puissance et ouvrit des négociations avec le-vice-roi. Ses premières propositions étaient au moins singulières. Le fondateur du gouvernement actuel, Méhémet-Ali, avait fait de l'Egypte une immense ferme où, après avoir réglé l'exploitation, il disposait du produit, en fixant lui-même la quotité disponible, soit en argent, soit en nature, qui devait revenir au cultivateur comme indemnité ou moyens d'existence. Son dernier successeur, mieux inspiré, a récemment aboli cette coutume abusive et restitué à ses sujets ce droit naturel qui laisse à l'homme la responsabilité et la jouissance de ce qu'il fait, en n'en prélevant, sous la forme d'impôt, que la part nécessaire pour l'entretien des services de l'État. Les propositions anglaises n'étaient rien moins qu'un retour à l'ancien état des choses. On demandait au vice-roi de remettre en vigueur un système de régie analogue à celui que les conseils de l'expérience avaient condamné. Le gouvernement égyptien eût concentré dans ses mains les récoltes, et les fabricants de Manchester s'en seraient rendus adjudicataires à prix débattu: Il faut rendre cette justice à Mohammed-Saïd qu'il n'a pas un moment hésité à tenir ces offres pour ce qu'elles valaient et à témoigner, en termes assez vifs, ce qu'il pensait de cette civilisation à rebours. L'association en a été pour ses ouvertures. Elle s'est rejetée alors, à ce qu'il semble, sur des concessions

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de fermages dans le domaine privé ou public et sur des avances appuyées par quelques garanties. Ailleurs, elle devait pousser plus loin les*choseset arriver aux dernières limites d'une coopération. C'est notre colonie algérienne qui aura les honneurs de cette expérience, encore en pro- ' jet, et dont je ne fais mention que sous cette réserve. Depuis 1852, des embryons de culture existaient dansla province d'Oran et on y avait acquis la preuve que sur des terrains de choix et avec des façons habiles, on obtenait un coton de très-bonne qualité, mais coûteux à produire. Cette dernière considération n'était pas de nature à agir sur l'opinion locale ; l'Algérie est un jardin d'essai où les fantaisies se donnent carrière ; on en néglige volontiers les richesses naturelles pour se porter vers ce qui est artificiel. Le coton était d'ailleurs une conquête plus sérieuse qu'aucune de celles qu'on avait tentées, comme la canne à sucre, la cochenille et le rocou. Un peu d'engouement s'en mêla et fut entretenu par les générosités du gouvernement. Des primes de cent mille francs, réduites plus tard à vingt mille, tinrent les planteurs en haleine; on eut quelques lots de coton, les uns supérieurs, les autres médiocres, tous payés à des prix conventionnels. Seulement il était aisé de voir que les quantités suivaient la décroissance des primes, et que sans cette force d'emprunt la culture aurait dépéri. Il n'en pouvait être autrement dans une période de débuts; elle a fourni ce qu'elle pouvait fournir, la certitude d'une production encouragée. Que deviendra le coton algérien livré à lui-même et sans encouragement? C'est une question indécise. Elle a pourtant fait un pas par l'effet de cours plus rémunérateurs; elle en fera d'autres encore par une exploitation sur une grande échelle et avec des procédés perfectionnés.

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