‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 128 sur 193 · MANCHESTER. - PAYS NÈGRES · texte numérisé non relu

MANCHESTER. - PAYS NÈGRES

et des bras nombreux avaient pour auxiliaire la régularité du climat.

Ces régénérations des pays nègres procèdent d'un sentiment louable ; on ne saurait trop y applaudir; il n'en peut pas sortir des ressources immédiates. La semence est bonne, la moisson se fera attendre. L'association de Manchester était trop éclairée pour se faire illusion là-dessus. Aussi, tout en songeant aux contrées susceptibles de produire, s'occupait-elle plus directement de celles qui produisent déjà. Devant les vides que laissait le grand approvisionnement, il n'était plus permis de traiter avec le même dédain les approvisionnements secondaires. Le Brésil, longtemps négligé, attira son attention. Nulle paît, si ce n'est dans les petits îlots de la Géorgie et des Carolines, le sol ne fournit un plusbeau lainage; Bahia et Fernambouc ne pèchent que par l'insuffisance des quantités fournies. De 1,100,000 arrobes recueillies en 1850, on était descendu à 870,000 arrobes en 1855. Ce déclin tenait à divers causes, l'abolition de la traite, l'imperfection de la viabilité, l'absence d'institutions de crédit, mais surtout les empiétements des États-Unis, qui régnaient en despotes sur le marché européen. Le seul fait de la retraite de ces États sur le second plan était pour le Brésil un encouragement et une délivrance; il suffisait de seconder le mouvement qui en devait naître. C'est ce que comprit l'association de Manchester. Elle offrit son assistance pour les travaux propres à étendre les cultures, faciliter les transports, améliorer les moyens d'expédition ; le gouvernement local s'y associa, comme il devait le faire,' avec beaucoup de décision et une libéralité judicieuse. 11 est probable que ces actes combinés auront de prompts effets : dès cette année la production brésilienne, si elle est servie

m MANCHESTER. EGYPTE.

par la saison, atteindra des proportions qu'elle n'a jamais connues; sur les deux rives du San-Francisco et dans les districts intérieurs, les ensemencements se sont multipliés. Tous les autres pays à coton ont été, pour Manchester, l'objet des mômes soins. On a étudié leurs ressources, réveillé leur énergie; on leur a distribué, suivant le besoin, des avances ou de bons instruments, envoyé des hommes experts ou, à défaut, des documents en diverses langues pour diriger les cultures et les préparations subsidiaires. Les détails de cette tutelle officieuse excéderaient le cadre de ce travail. Je n'insisterai que sur deux points qui nous touchent plus directement, l'un à raison du voisinage, l'autre par une communauté d'intérêts, tous deux situés dans le bassin de la Méditerranée.

L'Egypte, dans cette reconnaissance du globe faite à vol d'oiseau, ne pouvait être traitée avec indifférence; elle est pour l'Angleterre comme un fief réservé, que les nécessités du transit l'obligent à surveiller avec ombrage jusqu'à ce que les événements la mettent mieux à sa merci. La vallée du Nil est pleine d'agents, traversée par des chemins de fer d'origine anglaise; elle peut, en outre, pour n'appuyer que sur le cas particulier, être convertie en un vaste champ de coton. L'épreuve n'est pas à faire, elle est faite; depuis quarante ans, cette culture, introduite et maintenue avec vigueur, est devenue l'une des richesses du pays. La qualité est des meilleures, connue dans toutes les fabriques, classée et appréciée. Il est vrai que, là comme partout, l'effet de la concurrence a pesé sur les quantités ; de 67 millions de livres anglaises obtenues en 1852, les récoltes sont tombées, en 1857, à 32 millions de livres; les portions les moins favorisées du sol ont été restituées aux produits alimentaires. Mais il

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