‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 140 sur 193 · MANCHESTER. - MOUVEMENT INDUSTRIEL · texte numérisé non relu

MANCHESTER. - MOUVEMENT INDUSTRIEL

souffre, tout languit; si clic renaît, tout se ranime; un million d'individus n'a pas d'autres pulsations que les siennes. Ce qu'elle a enchaîné à sa fortune de savants, de lettrés, d'hommes voués aux professions libérales est emporté dans un mouvement qui les touche de trop près pour qu'ils puissent s'en défendre ; ils en suivent les phases en satellites obéissants. Cette puissance sans contre-poids transpire en toute chose, dans les manières, dans les allures, môme dans les physionomies. La cité est, comme la fabrique, une machine régulière qui accomplit sa fonction sans discontinuité et sans lassitude ; les classes et les individus en sont les organes, avec un service déterminé, et d'autant plus aptes à le bien remplir qu'ils le font plus périodiquement. En bas la préoccupation ne va pas au delà d'une tâche consciencieusement exécutée; en haut elle s'élève et comprend l'ensemble des opérations. Ce qui domine alors c'est l'approvisionnement et le débouché; ce dernier surtout est l'objet d'une sollicitude constante. S'il y a sur un point du globe une peuplade qui, par voie d'échange, se prête au placement de quelques mètres de tissus, on la découvre, on l'encourage, on lui fait violence au besoin. Il faut, bon gré mal gré, que l'estampille de Manchester pénètre partout où il y a un homme à vêtir, et c'est poussé au point que, dans une réunion publique, un des principaux manufacturiers du pays déclarait que si on lui ouvrait l'accès d'une autre planète, il se chargerait de la fournir. Pour le moment Manchester limite son ambition à produire treize mille kilomètres d'étoffes par jour, un peu plus que le diamètre de la terre. Les principaux agents de ce commerce sont des commissionnaires dont les établissements atteignent des proportions qui étonnent. L'un d'eux occupe, dans Mosley-Street, une maison de trente croisées

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