MANCHESTER. - DIVISION DU TRAVAIL
les allures qui distingue les gens pressés d'arriver à leur but.
Ces règles de conduite, les manufacturiers les appliquent à tout ce qu'ils font. Dans aucune manufacture on n'est arrivé à de plus grands résultats avec des moyens plus simples. Le travail a été divisé de manière à ce que chaque ouvrier se renfermât dans ce qu'il fait le plus rapidement et le mieux, et pour lui donner le goût de cette uniformité d'emploi, on le paye autant que possible à la tâche. L'habileté qu'il acquiert lui profite ainsi d'une manière directe; les auxiliaires dont il peut se passer sont pour lui un supplément de salaires; il est, au même titre, intéressé à ce que des machines plus parfaites lui rendent la besogne plus commode et plus sûre, diminuent les temps d'arrêt qui sont un dommage pour lui et une brèche faite à sa recette. Le perfectionnement n'est plus dès lors un ennemi ; il devient un bénéfice, et, à tous les degrés de la main-d'œuvre, il trouve des hommes disposés à l'accueillir, à y ajouter leur tribut d'efforts et leurs propres recherches. C'est ainsi que pour la filature on a vu peu à peu le nombre des bras se réduire à l'avantage commun. Là où huit ouvriers suffisaient à peine il y a quinze ans, et où le chariot des métiers à filer n'était ramené au point d'alimentation que par une certaine dépense de forces musculaires, aujourd'hui un ouvrier et deux aides mènent la besogne sans efforts et obtiennent des résultats meilleurs. L'instrument perfectionné n'a déplacé personne; inoins pénible à manier, il a permis aux aides de devenir des conducteurs ; il a profité aux ouvriers comme aux7abricants. L'idée était simple: un renversement d'impulsion à l'aide d'un mécanisme ingénieux; il a fallu bien des années et bien des essais pour y arriver. Cette simplicité des moyens