‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 151 sur 193 · S ECOSSE. GLASGOW · texte numérisé non relu

S ECOSSE. GLASGOW

. nous venons de voir dans le comté de Lancastrc. A Glasgow les salaires sont un peu moindres, et les mœurs meilleures. Les sociétés de tempérance out réussi en Ecosse plus qu'ailleurs; par d'infatigables efforts, elles ont obtenu des affiliations nombreuses. L'avantage de cet amendement c'est qu'il est radical; quand on a arraché un ouvrier au cabaret, on l'a guéri du seul vice qui soit redoutable pour lui ; on en a fait un autre homme ; il n'y a à craindre que les rechutes, trop fréquentes malheureusement. L'Écosse a été le berceau, et reste encore le siège du gouvernement paternel appliqué aux classes laborieuses ; c'est là que fut fondée, au début du siècle, la manufacture de New-Lanark, longtemps citée comme exemple. Aujourd'hui New-La nark ne déroge plus à ce qui se passe dans le voisinage; son originalité s'est perdue depuis qu'il a passé en d'autres mains. Mais les bonnes influences de l'origine, dégagées de tout alliage,' se sont répandues dans le bassin de la Clydc; le respect de l'enfance, les égards pour les hommes, la culture des intelligences y demeurent comme des traditions. L'esprit de la contrée s'y prête merveilleusement. On y rencontre moins de fierté, moins de turbulence que dans le comté de Lancastre; on y trouve la môme habileté de main et plus de finesse d'esprit; les industries délicates y acquièrent une grande supériorité. A Nottingham ces industries de luxe prévalent, et j'ai eu l'occasion d'en parler: le tulle bobin, les imitations de la dentelle emploient une élite d'ouvriers, dont quelques-uns reçoivent jusqu'à 4o shillings par semaine, qui est la dernière limite du salaire anglais. Parmi les articles plus communs figurent tous lès tissus à mailles. C'est à Nottingham qu'on a inventé les machines circulaires, que nos départements de l'Aube et du Calvados

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sont bien lents à s'approprier, et qui produisent le tricot par larges pièces, dans lesquelles on découpe des morceaux pour les adapter à leur destination. Rien de plus ingénieux et en même temps de plus économique; des milliers de femmes vivent des façons qu'exige- ce confectionnement. L'aspect de Nottingham, dans sa partie neuve, est celui d'une ville de plaisance ; les rues y sont larges comme des boulevards, les maisons accompagnées de jardins, même dans les quartiers populeux. Je n'y ai pas vu comme à Manchester des étendages de lessive d'un pignon à l'autre, et si nombreux qu'ils formaient obstacle à la circulation. Beaucoup d'ouvriers ont un logis à eux ; il en est dont le concours est si utile, que, pour ne pas les perdre, les patrons se les associent. On en cite également auxquels la fabrique doit des inventions, trouvées sur le métier et fixées par des brevets qui ont fait leur fortune. Nottingham est plein de ces parvenus qu'un génie patient a inspirés et portés au premier rang ; de grandes maisons ont ces humbles origines. C'est, en un mot, une des colonies les plus intéressantes que l'on puisse voir, et celle où les notions mécaniques s'allient le mieux au sentiment des arts.

Tels sont, en Angleterre, les traits essentiels des industries du coton. On peut dire, sans crâindre d'être démenti, que c'est la création la plus vaste, la plus rapide qui soit sortie des mains de l'homme aux prises avec la matière. Ce qui n'était, il y a un siècle, qu'une branche insignifiante du travail, est devenu la souche puissante des autres travaux, qui prospèrent quand elle est dans sa vigueur et souffrent quand elle dépérit. Un capital qu'on évalue à deux milliards est' engagé en Angleterre dans, les établissements où le coton se transforme; 2,300 manufactures

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