‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 175 sur 193 · PROGRÈS MORAL · texte numérisé non relu

PROGRÈS MORAL

Jusqu'ici, messieurs, nous avons considéré l'industrie du Haut- Rhin a la fois dans ses produits et dans ses procédés de fabrication. Nous avons examiné successivement les perfectionnements subis par les agents chimiques et mécaniques auxquels elle a recours.

Mais il est un autre ordre d'agents plus utiles, plus intéressants encore que les machines les plus ingénieuses. Je veux parler des hommes. qui donnent le mouvement, l'activité, la direction à tous ces instruments inertes de fer ou de bois. Là aussi, il y avait des progrès à faire, et si notre industrie a gagné au point de vue matériel, elle a gagné autant ou plus encore au point de vue intellectuel et moral.

Pour se faire une idée nette et complète du régime de nos manufactures, il est indispensable de connailre le tempérament moral de ceux qui les dirigent, aussi bien que celui des nombreux ouvriers qui, à un degré inférieur, servent à exécuter ce que leurs chefs ont conçu.

Un grand esprit d'indépendance distingue nos industriels, et un

principe généralement admis par eux, c'est de ne rien attendre

que d'eux-mêmes. On les voit rarement solliciter l'appui du gou- «

I. Nous ne comprenons dans ces derniers que ceux appliqués à l'industrie proprement dite, et non les chutes d'eau faisant marcher des moulins ou des scieries dans les campagnes.

▼ernement ou attendre, immobiles, que le gouvernement vienne les pousser à l'action. En général, dès qu'une idée utile est mise en avant, il se trouve toujours un homme résolu pour la palroner, et si les efforts d'un seul paraissent insuffisants, on s'adresse à l'association.

Société industrielle de Mulhouse.

Parmi les différentes formes que l'association a revêtues à Mulhouse pour s'appliquer aux progrès de l'industrie commune, la plus influente et la plus connue est la Société industrielle.

Fondée en 1820 par quelques hommes jeunes et entreprenants, tous profondément pénétrés de la conviction que le développement de l'industrie devait reposer sur les applications de la science, elle n'a cessé depuis de grandir et de rendre des services éminents. Elle se compose aujourd'hui de plus de trois cents membres et réunit en un faisceau toutes les forces vives de l'industrie alsacienne. Toutes les questions chimiques, mécaniques et philanthropiques qui peuvent toucher les manufactures du département y sont débattues tour à tour, et parmi les travaux les plus remarquables qui ont signalé son activité pendant les dix années qui viennent de s'écouler, nous citerons des mémoires nombreux et intéressants sur la garance, la murexide, l'aniline et ses déri- . vés, l'albumine et ses substituts, etc.

Sur les métiers à filer et à tisser, les locomotives, les chaudières à vapeur, la surchauffe, le chauffage, les transmissions par câbles métalliques, etc.

Sur les logements d'ouvriers et les cités ouvrières, les caisses de secours, les institutions de prévoyance, l'instruction primaire et l'amélioration des classes laborieuses.

En outre, la Société distribue chaque année des prix nombreux, et souvent d'une valeur considérable, pour l'élude des questions les plus importantes de l'industrie.

Cette année, ces prix, au nombre de 106, s'élèvent à une somme de 80,000 Tr., obtenus par souscription ; car la Société n'a d'autres ressources pécuniaires que la cotisation de ses membres.

Depuis quelques années elle a institué un concoure annuel

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