‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 176 sur 193 · MULHOUSE. - INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

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pour les chauffeurs d'appareils à vapeur de l'arrondissement qui réussissent le mieux à économiser la houille.

Enfin, en ce moment même elle s'occupe de propager parmi les classes ouvrières l'emploi de la houille pour les ménages; une commission nommée dans son sein étudie les meilleurs appareils de cuisine qui [ont usage de ce combustible, et fait vendre à domicile de la houille à prix réduits. On obtiendra ainsi une notable économie équivalent à une augmentation de salaire.

Instruction et éducation publiques.

Ce goût pour l'instruction, pour la science, pour le développement de l'intelligence, qui a trouvé dans la Société industrielle son expression la plus relevée, celte conviction que le travail de l'esprit doit accompagner et diriger le travail du corps, ces deux sentiments si vrais et si féconds se sont manifestés depuis dix ans d'une manière toute spéciale par les soins qu'on a donnés, à Mulhouse, a l'instruction publique.

Pour nous renfermer dans le cadre de ce travail, nous ne mentionnerons que les institutions qui ont quelque influence sur l'industrie locale.

La plus ancienne est Y École de dessin, créée en 1829 et entretenue depuis par la Société industrielle. On y enseigne le dessin de la figure, des fleurs et des machines. Les cours, qui sont gratuits pour les élèves pauvres-, sont suivis par de nombreux jeunes gens destinés à fournir des dessinateurs pour les fabriques d'indiennes et les ateliers de construction. Plusieurs d'entre eux oui déjà trouvé une fortune dans leur crayon. Le local qui était autrefois affecté à l'école étant devenu insuffisant, la Société industrielle recueillit par souscription les fonds nécessaires (près de 100,000 fr.) et fit élever il y a peu d'années un bel édifice mieux approprié à sa destination.

En 1861 il s'est créé également, sous le patronage de la Société, une école de tissage mécanique qui, par suite du développement de cette industrie, était devenue un véritable besoin.

Vécole professionnelle, fondée en 1854, donne une solide instruction théorique et forme une utile préparation aux travaux indus-

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triels; elle compta aujourd'hui plusieurs centaines d'élèves, dont un grand nombre sont étrangers.

I.c complément de cette institution se trouve dans les cours de Vérole supérieure des sciences appliquées, faculté nouvelle créée à la même époque, et qui délivre des diplômes, garantie d'une instruction sérieuse.

Dans une sphère plus humble, les efforts n'ont pas été moins grauds. L'industrie alsacienne a compris qu'il était de sa dignité de propager l'instruction parfni les travailleurs qu'elle emploie.

Plusieurs manufactures ont dans leurs ateliers mêmes des écoles où l'on enseigne les premiers éléments aux enfants de la fabrique.

Une école primaire, entretenue par la ville, cl peut-être la plus vaste de France, compte prés de trois mille élèves; et pour suppléer à sa récente insuffisance, on est en train de lui ajouter des succursales dans les principaux quartiers de la ville.

Douze salles d'asile reçoivent les enfants en bas âge, et de nombreux ouvroirs forment les jeunes filles aux travaux de la couture.

On n'a pas non .plus négligé les adultes. Des cours publics de physique, de chimie, de littérature, d'histoire, d'histoire naturelle et d'hygiène ont lieu eu leur faveur le soir, après la sortie des ateliers, à l'école des sciences appliquées, et ont toujours su réunir un nombreux auditoire.

Des salles de lecture leur sont aussi ouvertes, et quelques manufactures ont des bibliothèques dont les ouvriers peuvent emporter les volumes pour les lire chez eux.

Des sociétés de chant choral, qui existent en assez grand nombre parmi nous, offrent aux jeunes ouvriers d'utiles distractions aussi bien qu'un avant-goût des arts. Lufiu, une Société de gymnastique. de ciéation récente, leur fournit l'occasion de développer leurs muscles au graud air, de s'y fortifier le corps, d'acquéiir de la souplesse et de l'agilité, en môme temps que de passer agréablement leurs heures et leurs jours de repos.

Malgré tous ces moyens, la plaie de l'ignorance est encore grande. La population ouvrière de Mulhouse se recrute en grandipartie dans les départements environnants et dans les campague-

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jusqu'à cinquante lieues à la ronde, et si les ouvriers nés à Mulhouse môme, ou les enfants des manufactures ont reçu en général une instruction primaire conformément à la loi, il n'en est pas de môme de ces nouveaux venus.

En vain on a ouvert depuis longtemps des écoles du soir et des écoles du dimanche, il a été impossible jusqu'à présent de combler cette lacune, par la raison môme que ces soins qu'on donne à l'instruction, à Mulhouse, n'existent pas ailleurs. Tout récemment laSociété industrielle s'est occupée de cette question. Klle avait été la première autrefois à solliciter du gouvernement une loi sur le travail des enfants dans les n^anu factures. Aujourd'hui elle est arrivée à conclure que cette loi, qui oblige de leur donner l'instruction primaire, sera illusoire tant qu'elle ne sera pas complétée par une loi générale qui rendra l'instruction primaire obligatoire dans la France entière. Une pétition rédigée dans ce sens, et adressée au sénat en 4861, a été ajournée. Il faut espérer que, reprise dans une occasion plus favorable, la demande de la Société industrielle recevra une solution plus conforme à ses vœux.

Disons ici en passant que la plupart des institutions qui précèdent, aussi bien que celles qui vont suivre, y compris les cités ouvrières, ont reçu leurs analogues à Guebwiller, à Munster, i Thann, à Wesserling, etc., etc. LA aussi des chefs d'établissements ont pris une louable initiative, et il s'est établi entre ces colonies industrielles de Mulhouse et leur métropole une saine émulation philanthropique qui tourne au profit commun.

Nous venons d'examiner les efforts qu'a fait l'industrie alsacienne pour élever la condition intellectuelle de ses travailleurs. C'était sans doute un mérite et une bonne œuvre; c'était de plus une œuvre utile et profitable, car on a reconnu que les ouvriers les plus instruits et les plus intelligents sont aussi en général ceux oui rendent les meilleurs services.

Ces efTorts en faveur des classes laborieuses ne devaient toutefois pas se borner à leur donner l'instruction; on devait encore songer à leur amélioration morale et physique ; on devait suivre l'ouvrier dans l'atelier où il travaille, dans le modeste logement où il se repose de ses fatigues; on devait le suivre enfin depuis le berceau jusqu'à la vieillesse.

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