MULHOUSE. — ACCIDENTS DES MACHINES
trouve que beaucoup d'ateliers ou ne les adoptent pas ou les appliquent d'une manière incomplète. Tout dépend de la bonne volonté et de l'humanité de l'entrepreneur. Que faire à cela? Faut-il compter sur la puissance du conseil et de l'exemple, ou recourir à l'autorité de la loi? La question a été agitée devant la Société industrielle de Mulhouse, et les opinions s'y sont partagées. Une commission choisie dans son sein proposait, informations prises, de saisir le gouvernement d'une matière qui lui semblait être du ressort de la législation. Elle s appuyait sur ce qui s'est fait en Angleterrè, où un statut de 1844 impose à l'entrepreneur certaines précautions contre les chances d'accident ; elle citait les épreuves auxquelles on assujettit, en France, les chaudières à vapeur avant qu'elles commencent leur service ; elle ajoutait que des garanties publiques, même poussées à l'excès, emportent leur justification quand il s'agit de préserver les hommes ou d'une mort terrible ou d'affreuses mutilations. La majorité, en réunion générale, n'adopta pas les conclusions de sa commission. Il fut objecté que la matière est des plus délicates et plutôt du domaine des mœurs que de la loi, que toute prescription fixe dans un outillage mobile deviendrait un embarras et tomberait bientôt en désuétude, que d'ailleurs la sanction de cette loi serait dans de nouveaux moyens de police appliqués à la manufacture, et qu'il valait mieux que la manufacture fît sa police elle-même en allant au-devant des obligations que la loi pourrait lui imposer. En conformité de ce sentiment, il fut résolu qu'un certain nombre de membres se rendraient, au nom de la Société, dans les fabriques de la ville et des environs pour y conseiller l'emploi de moyens de préservation et en indiquer la nature. En même temps, une médaille d'or et des médailles d'ar-