‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 192 sur 193 · MULHOUSE. - DIVERS ESSAIS · texte numérisé non relu

MULHOUSE. - DIVERS ESSAIS

La même cause a produit, il y a une quinzaine d'années, la renaissance de l'impression à la main au moment où elle semblait succomber au choc de l'impression au rouleau et de la perrotine.

Sans doute on peut dire que les couleurs imprimées à la planche sont plus vives, moins sèches; qu'elles donnent à l'impression plus de modelé, qu'elles ont quelque chose de plus artistique; que les imperfections mimes qui existent dans un travail à la main répondent (comme celles qui existent dans le dessin d'une porcelaine de Japon) à un caprice ou à un goût de l'acheteur. Mais là n'est pas la principale cause de ce retour aux moyens d'impression les plus coûteux, les plus primitifs.

ta classe à laquelle s'adressent les robes à la planche tient, avant tout, à porter ce qui ne se trouve pas répandu à profusion autour d'elle; il lui faut des genres, des dessins à elle. Produisez avec abondance, produisez pour le grand nombre, et à l'instant elle vous abandonnera.

Le morcellement de la production conduit forcément ainsi à l'exclusion des moyens mécaniques, qui deviennent des plus onéreux quand on ne peut pas leur donner un aliment suffisant. Les circonstances qui amènent ce morcellement sont sans doute trèsdiverses, et il n'y a pas précisément un parallèle à établir entre l'impression à la main et le tissage à bras; mais lorsque ce dernier repose sur toute autre chose que le caprice ou la vogue, c'est-àdire sur le besoin d'assortiment, il a une puissance qui défie jusqu'à un certain point les envahissements du tissage mécanique. Ce n'est pas là ce qui peut constituer de grandes industries; mais ce n'en est pas moins une situation heureuse et bonne, offrant, comme à Tarare, comme à Roubaix, d'excellentes occasions de succès à l'initiative intelligente des petits entrepreneurs d'industrie, si pleins de ressources dans notre pays.

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