‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 33 sur 193 · MULHOUSE. — BUDGETS DES MÉNAGES · texte numérisé non relu

MULHOUSE. — BUDGETS DES MÉNAGES

préciées. Il faut se renfermer dans des données générales.

Il y a, dans l'existence de l'ouvrier marié, trois périodes distinctes, qui ont chacune leur physionomie. La première est celle des débuts, la plus pénible et celle où heureusement les forces de l'ouvrier le servent le mieux. Les ménages sont ordinairement féconds et la maison est chargée d'enfants en bas âge qui exigent de la surveillance, coûtent et ne rapportent rien. C'est un temps d'épreuve; pour y résister, les couples ont besoin d'une certaine vertu, d'un attachement qui résiste aux privations et d'un dévouement aux leurs qui allège ce surcroît de charges. Les grossesses, l'allaitement, diminuent les ressources qui proviennent du chef de la femme. L'homme porte presque seul le fardeau commun. A mesure que les enfants grandissent, cette position se modifie ; entre huit et quinze ans, ils cessent d'être un embarras pour devenir une ressource; tous les bras sont alors occupés, et si petites que soient les rétributions, elles ajoutent à la recette un supplément qui n'est pas à dédaigner. C'est la seconde période du ménage de l'ouvrier, celle où un peu d'aisance se montre et où l'épargne est possible. Le couple est encore dans la force de l'âge ; il connaît bien son métier et a, en outre, des auxiliaires. On peut évaluer à douze ou quinze années ce maximum de puissance. La période qui suit celle-là est plus ingrate. Les enfants sont devenus des adultes; ils quittent le giron de la famille, commencent par faire bourse à part et finissent par s'établir. Le recrutement militaire accroît ces vides pour les garçons, et un moment arrive où le couple se retrouve seul comme il a commencé, avec des forces qui vont diminuant et des salaires qui ne peuvent que décroître. Si la prévoyance lui a manqué, s'il ne

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