‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 32 sur 193 · MULIIOUSE. — BUDGETS DES MÉNAGES · texte numérisé non relu

MULIIOUSE. — BUDGETS DES MÉNAGES

d'un travail plus grossier, doit se contenter de i fr. 50 c* Le tissage mécanique, même entre d'habiles mains, ne rend aux hommes faits que 2 fr. 25 c, et 1 fr. 63 c. aux femmes. Les gros salaires mis à part, la moyenne serait pour toute la main-d'œuvre de 2fr. pour les hommes, 1 fr. 50 c. pour les femmes, 75 c. pour les enfants. Un travail plein de 300 jours par an donnerait donc aux premiers G00 fr., aux secondes 450 fr., aux troisièmes 225 fr. Or, ce travail plein n'est presque jamais atteint; il y a des chômages forcés, des chômages volontaires» des accidents de maladie, des déclassements de bras, des temps d'arrêt dans l'activité des établissements , et, en diminuant de 50 fr. les sommes qui précèdent, on se rapprocherait mieux de la vérité des situations. Sans doute, en comparant ce qui est à ce qui a été, ce prix des services est un grand pas de fait. En 1780 les graveurs ne gagnaient que 10 fr. par semaine, les imprimeurs 6 fr., les manœuvres 4 fr. ; mais les moyens d'existence étaient en rapport avec ces rétributions. Aujourd'hui, avec 550 fr. l'homme fait doit subvenir à des besoins plus raffinés et plus coûteux. Pour le célibataire l'équilibre s'établit sans trop d'efforts ; pour 280 à 300 fr. par an, il trouve dans une pension d'ouvriers une nourriture très-suffisante et des logements pour 90 à 100 fr. ; il lui reste pour ses vêtements et les dépenses accessoires 150 à 170 fr. Une petite part là-dessus peut prendre le chemin de la caisse d'épargne ou du cabaret, et c'est malheureusement vers le dernier que la préférence incline. Pour le père de famille les comptes ne sont pas si simples; ils se compliquent du nombre de bouches à nourrir, de l'âge des enfants, du travail de la femme, toutes quantités variables et qui exigeraient un inventaire ménage par ménage pour être exactement ap-

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