TARARE. - BRODERIE
dèles de l'Écosse un établissement de blanchiment et d'apprêts qui ne laisse rien à désirer sous le rapport des méthodes et des instruments, et où les toiles légères reçoivent ces dernières façons qui séduisent l'œil du consommateur.
Une autre industrie était née à côté et à l'appui de celles que je viens de citer: c'est la broderie. Le premier essai en remonte à 1788; on le doit à trois sœurs, mesdemoiselles Defrane, parentes de Simonet, qui s'associèrent pour monter un atelier. La Suisse était sans rivale pour cet article; elle avait la vogue et des ouvrières habiles. A force de patience et de soins, les trois sœurs parvinrent à répandre l'usage du crochet, et au bout de quinze mois elles avaient formé soixante brodeuses. Ainsi commença ce travail qui occupe aujourd'hui plusieurs milliers de femmes dans les hameaux et dans les bourgs. Au début, il se réduisait à des imitations suisses; bientôt il prit un tour original. L'aînée des sœurs dessinait avec goût; les autres dirigeaient les apprêts ou surveillaient les apprenties. Toute une génération de jeunes filles sortit de cette école après s'y être exercée de manière à tirer parti d'une expérience acquise et à la transmettre à la génération suivante. Cette ressource était d'autant plus précieuse qu'elle n'excluait aucune autre occupation. Le tambour à broder remplissait les heures libres, la bergère le portait aux champs et y travaillait en surveillant le bétail ; la ménagère le prenait et le quittait en vaquant aux soins de la maison ; aucune minute, grâce à lui, ne s'écoulait sans profit, profit bien minime, mais qui apportait un peu plus d'aisance sous de pauvres toits. Aussi la broderie a-t-ellc gagné promptement du terrain ; d'année en année elle a eu plus d'importance. Les dessins, d'abord très-simples, se sont