TARARE. — PERFECTIONNEMENTS DU TISSAGE
Laye, eut lieu en 1812, sans profiter davantage à ses auteurs. C'était un métier mécanique connu sous le nom de régulateur, où l'étoffe s'enroule d'elle-même après s'être tissée avec une précision calculée. Cet instrument, simple et ingénieux, s'est répandu dans toute l'Europe; au début il joua de malheur. Dédaigné d'abord, il amena ensuite, quand il fut mieux apprécié, une lutte de brevets qui aboutit à la dépossession des véritables inventeurs, et prouva une fois de plus qu'en industrie celui qui sème est rarement celui qui recueille. Le grillage au four date de 1807; on le dut à un ouvrier de Saint-Call; le flamba au gaz est de 1818; ce fut M. Rongeât, de Lyon, qui lin * troduisit sur les instances de M. Ph. Leutner *, l'un des fabricants les plus considérés de Tarare. Cette opération est l'une des plus curieuses auxquelles soit soumis le traitement des tissus. Elle consiste à leur faire traverser un jet de flamme avec assez de rapidité pour .les débarrasser * des duvets parasites sans altérer ni roussir le corps de l'étoffe. Le blanchiment et les apprêts suivirent une marche paralèle. En 1808 on en était encore aux routines, lorsqu'un élève de Chaptal vint employer sur les lieux le chlorure de chaux et le lavage mécanique; plus tard, vers 1812, une maison de Genève, accompagnée d'ouvriers étrangers, installa des cylindres, des calandres, des métiers d'étirage perfectionnés, qui se substituèrent peu à peu aux vieux outils de la tradition. Enfin MM. Mac-Culloch ont, à une époque plus récente, établi sur les meilleurs mo-
|. M. Ph. Leutner a été plusieurs fois délégué parla Chambre consultative de Tarare pour porter à Paris le? réclamations de la fabrique. A ce sujet il a publié de bons mémoires sur l'industrie du pays. M. Ruffier, son gendre et son successeur, n'a pas rendu à la fabrique de Tarare de moindres services. Il est aujourd'hui, comme son beau-père, président de la Chambre consultative. Je lui suis redevable de renseignements précieux.