‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 46 sur 193 · TARARE. — RÉGIME DE LA FABRIQUE · texte numérisé non relu

TARARE. — RÉGIME DE LA FABRIQUE

agit. Les pièces arrivent de la montagne à l'état brut pour ainsi dire ; il s'agit de les éplucher, de les raccommoder, de les flamber, de les blanchir, de les teindre, de les apprêter. Ces divers traitements se font sous l'œil du maître et par des mains de choix. Les fils de coton, avant d'être livrés, ont également subi les préparations nécessaires; ils ont été cuits, collés, bobinés. Ainsi le travail de Tarare se résume en deux mots : préparer et achever; la fabrication part de la ville et y aboutit. Tout cela se fait sans bruit et sans un grand mouvement apparent. A parcourir les rues resserrées entre les premiers rameaux de la montagne et le ruisseau qui coupe la vallée, on ne se douterait pas que dans cet étroit espace se concentre une somme d'affaires qu'on ne peut, toutes les industries comprises, évaluer à moins de vingt-cinq millions par an. Le soin du détail a divisé le travail en tant de mains, qu'un simple chef-lieu de canton ne compte pas moins de cent fabricants solidement établis. Malgré cet éparpillement, la fabrique est forte et elle le prouve. Parmi les signes auxquels cette force se reconnaît, il en est un qui ne trompe point, c'est l'exportation. Toute industrie qui franchit la frontière et engage hardiment la lutte avec le produit étranger est une industrie vraiment virile; elle n'a pas à fournir d'autres témoignages. Tarare a eu cette bonne fortune; le quart environ de ses tissus , les tarlatanes en tête , s'écoule sur les marchés du dehors jusqu'à la concurrence de quatre millions de francs. Elle en est même arrivée au point d'en remontrer à ses maîtres et de fournir à Saint-Gall qui, dans le siècle dernier, lui donnait des leçons, quelques mousselines de choix pour les broderies au plumetis. C'est un titre qui est acquis à Tarare, quoique dans ses moments de défaillance elle le conteste et s'en défende.

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