‹ Le Coup d'Agadir et la guerre d'orientChapitre 37 sur 75 · UNE MONARCHIE TUÉE PAR SES PARLEMENTAIRES · texte numérisé non relu

UNE MONARCHIE TUÉE PAR SES PARLEMENTAIRES

tombé au dernier degré de l'abjection. Le double régicide qui, en 1908, porta au trône un très jeune homme rempli de bon vouloir mais nécessairemen t inexpérimenté, répugnant aux résolutions extrêmes, devait joindre les périls d'une espèce de minorité à tous ceux dont la monarchie était entourée depuis longtemps. Dans une circonstance à peu près semblable, le chevaleresque peuple espagnol a imposé pendant vingt ans à ses politiciens la trêve des parlis. Le loyalisme portugais, — qui n'a d'ailleurs pas dit son dernier mol et dont Manuel II a recueilli jusqu'à ces tout derniers temps des témoignagnessignilicatifs, — le loyalisme portugais n'a ])u triompher de l'égoïsme ni de la voracité des chefs de bande. Aux Cortès une imposante majorité monarchiste qui élail, il y a peu de mois encore, la quasi-unanimité, n'a pas voulu un instant arrêter ses querelles pour sauver la monarchie. Manuel II a dû entendre parler d'un de ses arrière-grands-pères qu'une « immorale et funeste coalition » avait aussi, il y a soixantedeux ans, fini par chasser du trône.

El toutes ces raisons ont fait que nulle part ou n'a nionlré de surprise à la nouvelle des événemenls f|ui se sont déroulés à Lisbonne. Dans les Cours, on s'attendait à une catastrophe. Des observateurs moins bien placés ne manquaient pas non plus de la pressentir. Il y a déjà longtemps que nous avons dit ici qu'en Europe la monarchie ne paraissait menacée que sur deux points: en Russie d'abord et dans la péninsule ibérique ensuile. La Russie, en effet, a eu sa

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