SCENE XI
MICHEL, HÉROUARD, BERNARD, HÉLÈNE, JEANNE, CLOTILDE, f.E PORTE-DRAPEAU
uÈROVA'RT), faisant un signe au porte-drajjeau qui vient se placer devant son chef, les talons réunis, dans la position militaire.
Retrouverez-vous votre chemin jusqu'à la
chambre du drapeau?
LE PORTE-DRAPEAU
Oui, certainement, mon colonel.
HÉROUARD, avec un geste qui V autorise a rompre.
Allez ! (Le porte-drapeau disparaît dans le salon voisin. Hérouard, se tournant vers Clotilde et Bernard, se dispose k prendre congé.)
Madame, il ne me reste plus qu'à vous remercier de votre accueil, dont je garderai un charmant souvenir.
BERNARD
Et n'oubliez pas, colonel, que vous me devez une réparation pour avoir prétendu que vous n'étiez chez moi qu'un hôte en quelque sorte imposé. Vous viendrez bientôt nous voir comme ami... Le promettez-vous ?
CLOTILDE
Oui, colonel, il faut fixer une date... Allons, un bon mouvement!... (Le porte- drapeau revient en grande hâte.)
LE PORTE-DRAPEAU, très éïTlU.
Mon colonel, on a volé le drapeau !
HÉROUARD
Comment !... Vous êtes fou !...
202 LE COI V d'aile
LE PORTE-DRAPEAU
Volé!... Il a disparu !...
BERNARD
Par où a-t-on pénétré ?... La fenêtre est-elle brisée V
LE PORTE-DRAPEAU
La fenêtre est en parfait état, les persiennes solidement fermées. C'est par la porte qu'on est entré.
BERNARD
Elle est enfoncée?
LE PORTE-DRAPEAU
Il n'y avait qu'à ouvrir : elle n'était pas fermée à clef.
BERNARD
Mais c'est impardonnable !... inouï!...
HÉROUARD, intervenant pour disculper son officier.
Il n'est pas en faute... Aucun règlement
n'ordonne de prendre pour le drapeau les mêmes précautions que pour un portefeuille bourré de billets de banque. Les seules instructions qui le concernent ont pour but sa conservation.
BERNARD
Oui... empêcher qu'il ne s'abîme. On ne s'est jamais dit qu'il pourrait être volé !
HÉROUARD
Eh! qui diable l'aurait prévu?... Que voulezvous qu'on fasse d'un drapeau volé?... C'est renversant ! . . .
CLOTiLDE, allant jusqu'au perron.
Il y a au moins deux cents badauds ! . . . Mon Dieu! mon Dieu ! qu'est-ce qu'ils vont penser?
BERNARD, affolé.
Oui, mon colonel, comment leur expliquer
la cho se ?
HEROUARD
Est-ce que j'ai des comptes à rendre aux badauds ?
BERNARD
Moi, le député dans la maison duquel a lieu l'accident, moi, j'en ai !..
MICHEL, à. Bernard, de façon k n* être entendu que de lui seul.
Ah ! que j'aurais de plaisir à te laisser avec une sale histoire sur les bras !... Mais c'est plus fort que moi !... je parle I... {Allant à Hélène et s'arrêtant à deux pas d'elle, il dit, en la montrant au colonel :) Voici la voleuse !... (A Hélène.) Il est dans votre chambre, n'est-ce pas?
HÉLÈNE
Oui.
MICHEL, à Hélène.
Vous avez la clef?... (Hélène fait signe que
oui.) Donnez!,.. {Elle tire de sa poche une clef qu'elle remet à Michel ciui la passe au lieutenant.)
GLOTiLDE, au porte-drapeau.
Lieutenant, venez, je vous prie. (Elle sort avec lui.)