N0TE
Consentirez-vous à suivre un usurpateur, ù le soutenir contre le Peuple, à frapper vos frères lorsqu'ils se lèvent pour défendre le droit et la justice?
Camarades! vous ne pouvez hésiter entre le Peuple qtii vous appelle, qui vous tend une main fraternelle et celui qui s'est rendu coupable de haute trahison.
La violation de la loi de la part de vos chefs vous a déliés de toute obéissance envers eux. Le chef, le souverain actuel, c'est le Peuple; c'est lui dont vous devez écouter la voix, c'est avec lui que vous devez accomplir la grande et glorieuse Révolution qui amènera l'émancipaiioii des nations, lu rèi^ne véritable de la Liueutk, de I'Egalité et de la Fratrunité!....
Aux annes, camarades! aux armes!.... ^farchez avec le Peuple, et le triomphe de la République universelle est assuré.
BOICHOT,
Sergent-major de carabiniers au ?« léger, représentant du Peuple (deine).
Le même fait s'est produit dans d'autres casemates. Je n'ai besoin de rien ajouter à la lettre suivante :
Mon cher Dukriku,
Puisque vous écrivez l'histoire du 2 Décembre, il est bon de vohs donner tous les renseignements concernant les faits barbares qui ont eu lieu dans ces jours de deuil; il en est un que je ne puis oublier.
II y avait déjà quelques jours que vous aviez été livré à la police par le même misérable qui m'a fait aussi arrêter, lorsque notre convoi fut dirigé sur les casemates de Bicêtre, ou vous étiez déjà renfermé. Kn arrivant dans ces casemates, la preniière chose que nous aperçûmes à la lueur blafarde d'un falot, ce fut une cruche toute souillée de sang; on distinguait parfaitement, sur l'orifice, l'empreinte de doigts sanglants!
Le lendemain, les hommes de corvée qui étaient allés puiser de l'eau, flous rapportèrent que la terre était fraîchement remuée tout près de la fontaine, et qu'ils avaient vu, au même endroit, des bourres de fusil, à moitié noircies par la poudre.
Nous avons su, quelques jours après seulement, l'ijorrible mystère qui s'était accompli par là.
oQi KOTES.
De nialheuicux inisoimiers avaient été amenés dans ce fort, dans la nuit du 5 au 6, et jamais ceux-là n'ont reparu. Je vous prie, mon cher ami, de ne pas oublier ce fait.
Salut fraternel,
Léon Watripoît.
Loniiros, ce 15 mai 1852.
Ce témoignage suffit ; mais je puis, s*il est nécessaire, en invoquer cent autres, auxquels il n'y a rien à répondre.
La réforme de l'armée n'est pas l'affaiblissement militaire de la France. La France sera plus forte que jamais, plus que jamais puissante, quand tout citoyen valide sera soldat, quand l'armée ne se distinguera plus de la nation. L'armée, telle qu'elle est aujourd'hui constituée, n'a plus un seul défenseur. Dans ses rangs mêmes, il y a, en très-gi-and nombre, des hommes de cœur, qui s'indignent de ses excès et de son servilisme. Ils sont les premiers, ceux-là, je l'affirme, à désirer qu'elle se relève et se réhabilite par une profonde et radicale transformation.
C'est là une thèse qui n'a plus besoin d'être débattue après les monstruosités de Décembre. J'en appelle à l'horreur qu'elles ont soulevée, non pas seulement en France, mais en Europe et dans le monde civilisé tout entier. Je ne citerai pas les journaux républicains ou très-radicaux qui se publient à Bruxelles et à Londres, la Nation, le Daily-Niius, le Morning-Advcrtiscr, le Sunday-Times, le Star of