‹ Le coup d'Etat de Louis BonaparteChapitre 14 sur 15 · HOTES · texte numérisé non relu

HOTES

Freedom, le Friend of the Pco2)le, le Punch, etc. ; leur énergique et généreuse polémique appartient de droit à notre cause. Je laisse la parole à un journal d'opinion non républicaine, mais qui, en dehors de toute considération politique, a élevé la voix pour venger la morale publique et l'humanité. On lit dans le Courrier de V Europe :

•' Les ordres impitoyables donnés aux soldats ont été exécutés avec une fureur presque sans exemple dans l'histoire de nos sanglantes révolutions. Tout Paris sait aujourd'hui qu'un grand nombre de prisonniers faits sur les barricades, même ceux qui étaient 'sans armes, ont été fusillés sans miséricorde; que des feux de peloton terribles ont jeté la mort à profusion dans des groupes inoffensifs; que des hommes, des femmes qui se trouvaient dans des maisons, d'où il a été établi qu'aucun coup de feu n'avait été tiré sur les ti'oupes, ont été massacrés par des soldats ivres de carnage.

•' Les ordres ont été transmis dans les départements et partout où il y a eu une tentative d'insurrection, partout on a vu de ces exécutions sommaires qui révoltent l'humanité, quand on songe surtout que jamais violation audacieuse du droit, de la foi jurée ne rendit l'insurrection plus légitime.

'• On a pelue à croire aux horreurs que des témoins dignes de f«M racontent de ce qui s'est passé dans cette lugubre journée du 4 décembre, qui, comme le dit le Times, datera dans les annales de Paris qui a vu cependant la Saint-Barthélémy.

'* Toutes les personnes tuées lors de l'affreux massacre du 4 décembre 1851, ont été jetées pêle-mêle, le lendemain, duns la fosse commune; l'histoire dira qu'on a impitoyablement refusé aux familles des victimes la triste consolation de donner une honorable sépulture aux corps de leurs parents et amis. "

Si l'on excepte les deux ou trois organes du vieux torysme ou du privilège entêté, et un journal trèspeu important du dimanche, tous les journaux de Londres, le Times, le Morning-Advertiser, VExaminer, le Swiday -Times, le Sjjectator, le Star oj

204 KOTES.

Freedom, le Friend of the People, le Weekly- Dispatch, etc., etc., etc., ont énergiquement dénoncé à r Europe les ati'ocités de décembre. Je regrette de ne pouvoir citer que les extraits des admirables lettres signées un Anglais, dans le Times :

" Les serments paraissent partager avec les costumes les heures de loisir de Louis Bonaparte. Une grande pratique et une expérience personnelle font de lui, sous ce double rapport, une liante autorité. En 1S36, il engagt-a son honneur vis-à-vis de Ix)uis- Philippe à ne plus troubler la France. L'expédition de Boulo-ne fut la ratification de sa promesse. Le 20 décembre 1848, il jura, en présence de Dieu et des hommes, d'être fidèle à la République et à la Constitution. Dans trois occasions subséquentes, il reàserra ce serment de nouvelles sanctions spontanées, que personne ne lui demandait. L'honneur qu'il avait engagé vis-à-vis de Louis-Philippe étant resté en sa possession, a été donné en gage à la République au bénéfice de celle-ci et de son successeur à lui. Le 2 décembre, Dieu et les hommes virent cet honneur une seconde fois racheté, ces protestations exécutées et ces serments remplis.

Peut-être est-ce d'a!)rés une semblable théorie que M. Bonaparte, qui en a imposé sur toutes choses, impose le serment à tout fonctionnaire. Depuis ies juges jusqu'aux garçons de salle des Tribunaux, depuis les sénateurs jusqu'aux portiers, depuis les préfeis iusqu'à leurs derniers commis, depuis les conseillers d'F/.at jusqu'aux gardes champêtres, tous jurent fidélité au président et i leurs places, et se jettent avec le même empressement dans la livrée et dans le parjure. Ils comprennent, sans doute, qxi'ils sont tenus de suivre l'exemple de M. Bouapari*, et que le compliment le p'.us délicat qu'ils puissent lui faire, est de taiir leurs sermenU, comme il l'a fait.

Le parjure vulgaire qui entend prononcer son jugement jMir des magistrats en perruque et en hermine, s'imagine, peut-être, que ces lèvres solennelles qui le flétrissent, sont le sanctuaire sacré de la vérité et de la justice. Les juges de France sont plus prudents ; ils se demandent natur.liement pourquoi il n'y aurait pas de vacances dans leurs consciences, comme dans'les auii-es cours de justice du pays. Dans leur joie de jour de fpte, ces hommes vénèrahhs déploient à jurer une ardeur toute juvénile. La tête de la magistrature a été suivie par le corps, qui a avalé son serment in çlobo : ce dévouement à leur pays est d'autant plus louable, que quelques-

uns ont frappé M. Bonaparte comme traître dans la Haute-Cour de Justice, et que d'autres l'ont condamné à un emprisonnement perpétuel, après l'Invasion de Boulogne.

En face de cette marée envaliissante du parjure officiel, la France deviendrait un peuple de menteurs, et chaque homme, femme et enfant, un jésuite!

M. Bonaparte proclame à ses rampants esclaves et à ses dupes stupides que sa mission est le rétablissement de l'autorité. Autorité, dans le vocabulaire impérial, c'est le règne du jésuitisme, de l'hypocrisie et du mensonge, — la déification du parjure et l'adoration du succès, — l'intelligence étouffée par l'abolition de la liberté de la presse, ou abrutie par sa dégradation, — la morale empoisonnée par ie narcotisme de la corruption, — la société élranslée par la main de la police et le foyer domestique souillé par l'espionnage,— la liberté écrasée sous le talon du cuirassier et du gendarme, — l'esclavage public rivé par le vice privé, — la législature une moquerie et un vol, les législateurs de simples collecteurs ou des laquais, — les finances un chaos de rapacité et de profusion, — l'autel partagé entre Loyola et Machiavel, — la ruse et la violence surnommées Gouvernement, — le crime intitulé Providence, — et le blasphème appelé Diiu !

Au citoyen Xavier Durrieu.

Londres, ce 29 mai 1852.

Voici ce que je puis répondre, mon cher ami, au sujet des pièces justificatives que tu veux publier à la suite de ton histoire de la persécution en 18.^2.

1° J'ai sous les yeux une communication du commandant Mallet (communication trop peu imporiante pour que je te l'envoie), qui détermine la date exacte, 11 février, de l'arrivée à Brest des listes par catégories des détenus du DuguescUn, destinés les uns à l'exil, les autres aux pénitenciers d'Afrique, d'autres, enfin, à linternement en France. L'exécution de ces mesures, aussi arbitraires que notre arrestation et notre transportation, a donc été suspendue par mauvais vouloir ou incurie pendant plus d'un mois, puisque les derniers expulsés n'ont pu qyptter le vaisseau avant le 16 ou 17 mars.

2o Les preuves de l'incurie, et l'on peut dire de la barbarie du gouvernement, dans les mesures concernant les transportés, sont nom-

breuses, ou plutôt il faut signaler et dénoncer à la France l'absence de toutes mesures, l'oubli et le mépris de la dignité humaine.

Il nous est impossible, dans notre position, d'avoir entre les mains les preuves matérielles de tous les faits odieux dont la responsabilitè incombe tout entière à Louis Bonaparte, mais je t'envoie une communication officielle, à moi adressée en ma qualité de délègue, qui prouve jusqu'à quel point le gouvernement poussait 1 mcurie en ce qui nous concernait. , , , t •»

Nous avions été transportés, sans avis préalable (nul ne le sait mieux que toi), des casemaies du fort d'Ivry sur le BtujucscUn. Trompés dans notre attente, soit d'un jugement, quelque illégal Qu'il pût être, soit de la signification d'une sentence ou d'une décision, nous n'avions pu nous munir d'argent ou d'objets nécessaires dans un long voyage, et nous arrivions sur le vaisseau, dénués de

tout. . j . 1-

Cependant, à la fin de janvier, il arrivait un ordre de mise en liberté pour trente-quatre d'entre nous. On les mettait en liberté, mais à condition qu'ils feraient un voyage de deux cents lieues a leurs fiais et sans songer qu'on les avait privés, par un brusque enlèvement, des moyens de se procurer de l'argent. Ainsi la question éfiit posée de cette manière : voilà des hommes qui sont libres, mais s'ils n'ont pas d'aigenî, ils seront retenus prisonniers, et dans quelle prison, la batterie basse d'un vaisseau ponton !

Salut fraternel , Kesleb.

Voici la lettre du commandant Mallet :

« Je suis en train de rendre heureux trente-quatre de vos codétenus, mais beaucoup d'entre eux manquent d'argent pour profit.r immédiatement de leur liberté. S'il n'y en avait qu'un ou deux, j'y pourvoirais; mais déjà il s'en présente quelques-uns n ayant pas „n sou pour s'éloigner de Brest. Ne pouvez-vous faire un appel a ceux qui ont de l'argent? Voyez, parlez avec cette chaleur de cœur nue je crois avoir vue chez vous; les plus riches ne pourront manquer de venir en aide au malheur et demain tous seraient libres.

« Signé : S. Mallkï. »

Kesler était délégué ; c'est à ses réclamations fermes et loyales que les détenus étaient redevables des légers adoucissements octroyés par M. le capitaine de vaisseau, Mallet.

KOTES. 207

Voici le modèle de la déclaration imposée aux grades, de l'un à l'autre bout de la France :

« Je soussi<;né , domicilié à , déclare ao-cpter avcr reconnaissance la grâce qui m'es-t faite par ie priiice-iir'-siideiit de la République de la peine , à hiqnelle jai été condamné jjar Ih cimi-

mission mixte du dépanenient de , ei inVnsrîi^e à ne faire jamais

partie d'aucune société secrète, à ne plus m'occnper de poliiicpie ei à éire fidèle au gouvernement <iue la France s'est dDUint par les votes des 20 et 21 décembre ISâl.

n Je m'engage ég;iiemenl à me conformer, comme sur\firiê. aux prescriptions de l'autorité. »

Il y avait parmi nous, à l'hospice de Brest, un homme de cœur, déjà sexagénaire, perclus de douleurs, toujours malade, qu'on appelait Levayer. Sous Louis-Philippe, il avait été condamné aux galères pour délit purement politique ; Louis Bonaparte lui a impitoyablement appliqué son décret de décembre concernant les repris de justice. Levayer est parti pour Cayenne avec des forçats !

Cet infortuné inspirait une sym})athie générale. Quelques-uns de ses amis, à son insu, firent pour lui des démarches, à Paris; ils demandèrent une commutation de peine à Persigny, qu'il avait connu à

Doullens. Persigny s'empressa de répondre ; il fit

ordonner son embarquement immédiat pour Cayenne !

On a expédié à Cayenne Souesme (du Loiret) et

la plupart des citoyens condamnés par les conseils de guerre. On avait aussi résolu d'y envoyer Miot et quelques autres députés, par simple mesure administrative. Mais, au dernier instant, on a reculé d'un pas devant cette énormité. Le courageux représentant de la Nièvre est le seul qui soit déporté ; il est aujourd'hui à Larabessa.

Ceux de nos amis qui, après leur sortie du Duguesclin, ont dû traverser la France pour se rendre en Belgique, pouvaient parfaitement juger de l'esprit des populations. En dépit de la terreur aussi intense que jamais, ils ont trouvé dans les villes et dans tous les centres, une profonde indignation contre cette violente et abjecte dictature. L'humiliation et la colère gagnaient déjà les campagnes : sans crainte de se tromper, on peut aujourd'hui prédire, presque à jour fixe, la révolte complète et la manifestation hostile de l'opinion.

Ce qui a le plus contribué à cette révolte, c'est précisément l'ignominieuse et immorale élection du 20 décembre, dont le parjure se fait un titre, — comme si une honte pouvait excuser ou glorifier un crime, — la terreur, la corruption, la fraude, qui en ont été les seuls agents, les cyniques vantardises qui l'ont suivie. Je laisse encore la parole à la presse anglaise, qui, elle, du moins, a pu dire la vérité eu Décembre.

On lit dans le Times :

« Les chiffres de l'élection sont-ils véridiques? Quelle garantie y a-t-il de ce fait? Qui peut contester les comptes? Où a été la surveillance? Quels ont été les scrutateurs? La commission consultative a abandonné sa tâche de déspspoir. Il n'y a pas eu de publicité. Il n'y avait là que les créatures du gouvernement; il n'y a que ses instruments qui sachent la vérité, et s'ils osaient la révéler, le voyaçre ne serait pas long de la Mairie à la Concierj^erie; il serait assuré de la Conciergerie à Cayenne. Si quelqiie chose comme tin sentiment secret de décence et un respect politique pour les probabilités donne quelque chance à l'exactitude des suffrages ;i Paris, on ne peut pas y croire pour les provinces. Le télégraphe porte à chaque département les vœux du gouvernement et l'annonce de ses succès fabuleux. Le maire ou le préfet seront-ils au-dessous des autres? Le résultat à envoyer sera-t-il misérable? Sa cOTumune, sa ville, son canton feront-ils triste figure dans l'adoration nationale du soleil levant des Tuileries? Celui-ci ne doit pas connaître beaucoup de maires ou de préfets qui pourraient avoir une pensée aussi indigne de leur patriotisme et de leur prudence. Dans la race servile de la flatterie et de duplicité, le fonctionnaire luite avec le fonctionnaire, le mensonge surpasse le mensonge. Les émissaires ont été aussi loin que possible, et le bâillonnement de la presse cache trèsprobablement un système de brigue qui n'a jamais eu d'égal pour l'audace et l'immoralité. '

La terreur devait jouer et a joué un rôle de lion. On s'en est servi avec les raffinements de l'atrocité. Est-il possible de concevoir qu'une telle révolution et une semblable élection aient pu laisser aux électeurs des départements la plus faible lueur de liberté? L'œil du préfet ou de ses mirmidons était sur eux; — la délation les traquait, — le sabre était suspendu sur leurs têtes, — la proscription et la déportation étaient devant eux, et la demande qu'on leur faisait était tout simplement: Votre vote ou votre argent! Votre vote ou la vie !

Le Charivari se félicitait, il y a quelques mois, que Soulouque eût rendu impossibles tous les futurs empereurs. Soulouque II vit et règne. Le Christianisme s'était imaginé que le progrès de l'humanité avait assuré la victoire de la Raison sur la Force, des lumières sur la superstition, de la moralité sur les vices honteux et de la justice sur les crimes les plus bas. Le succès de celte révolution établirait juste le contraire.

Que ceux qui le veulent, affirment que cette tentative monstrueuse est juste; que ceux qui le peuvent, supposent qu'elle triomphera.

210 KOTBS.

Je le croirai quand je verrai la brute étendre sa domination sur l'homme et la puissance de l'Enfer l'emporter sur le Dieu du Ciel!

On lit dans V Examiner :

Parmi le grand nombre de faits extraordinaires de la révolution actuelle de France, ce n'est pas le moindre que M. Louis Bonaparte ait pu faire accroire au Peuple, qu'il avait reçu les votes affirmatifs de plus de 7,400,000 personnes. Qu'il ait cherché à tromper en cela, comme en beaucoup d'autres choses, cela ne nous surprend pas ; mais qu'il ait si complètement oublié le sage conseil offert au trompeur de la fable de « ne pas s'éloigner de la probabilité, » c'est assez étrange, puisqu'il a laissé la découverte de son mensonge facile à quiconque se donnera la peine d'examiner les chiffres, par^ rapport avec le recensement de la population, qui est abandonné à l'examen de tout le monde. Les chiffres publiés par le Monitcui-, comme représentant les citoyens qui ont voté sur la question de dictamre, oui ou non, sont : .

Annules '

Total de ceux qui ont voté 8,116,773

La population totale des 86 départements de la France,

au dernier recensement de 1846, était de 85,401,76f

Dont on doit exclure les habitants de la Corse qui ne

sont pas compris dans le compte des votes ^^'-"^

Sur ce nombre, un quart seulement sont des hommes de vinet ans et au-dessus ' • • 8,489,872

A déduire, en outre, le nombre de ceux qui. d'après les

tables françaises de recensement, sont entre 20 et 21 ans. 303,500

Restent 8,186,372

comme étant le plus grand nombre possible d'électeurs capables de voter, c'est-à-dire 372,599 au-dessus du nombre de ceux qui sont afrirn'iés avoir voté. Plus du quart de ce nombre soit 97,028, sont donnes dans les tables du recensement comme étant au-dessus de 85 ans, et, sous ce rapport, peuvent être considères comme n'avant prob-tblement pas voté. En outre, il y a les malades et ceux qui étaient Wents, les jours de l'élection, du district ou ils «;ont inscrits. Une estimation très-modérée de ces personnes ferait plus que compléter l'excédant ci-dessus de 372,599 sans compter

personne de cette classe très- nombre use fie citoyens qui, par principe, se sont abstenus de voter sur la question et qui, dans le département de la Seine seul, sont constatés avoir été de 96,819 sur 394,049, nonnbre inscrit dans ce département. Si la proportion de ceux qui se sont ainsi abstenus à Paris, peut être appliquée à toute la France, le nombre de ceux qui n'auraient pas voté serait de 2.085,863, ne laissant que 6.40.1,509 comme le nombre le plus élevé des votes recueillis, soit 1,713,264 de moins que le nombre de ceux que M. Bonaparte affirme avoir été donnés. Le nombre des votes négatifs est, d'après le Moniteur, de 640,737, dont 96,511 ont été donnés dans le seul département de la Seine; environ I sur 3 du nombre total de ceux qui y ont voté; tandis que, dans le reste de la France, les votes adverses sont représentés comme n'ayant été que de 544,226, soit seulement 1 sur 20 des prétendus votants! Credat qui vult.

A ces chiffres de V Examiner, ajoutez les proscrits, leurs parents, leurs amis, tous les citoyens enfin atteints dans leurs intérêts ou leurs affections, et dont le nombre est si exorbitant qu'il défie tous les calculs. Dans certaines communes, dont je pourrais citer les noms, et où, malgré la terreur, l'autorité pressentait des abstentions significatives, celle-ci avait, au mépris même des instructions ministérielles, disposé deux urnes, l'une pour les Oui, l'autre pour les Non, Elle se contenta de dépouiller les bulletins négatifs; puis, sans autre forme de procès, elle compta, comme ayant voté Ouiy tous les autres citoyens inscrits sur la liste générale. — A Paris, plusieurs électeurs s'entendirent et chacun d'eux vota contre Louis Bonaparte. Leurs bulletins furent presque tous confisqués ; il ne s'en retrouva pas le quart, au dépouillement! Le même fait a eu lieu dans un très-grand nombre d'autres circonscriptions. — Il y a eu recrudescence d'ar-

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