‹ Le coup d'Etat ou Le renvoi du cabinet de Boucherville [microforme]Chapitre 2 sur 9 · M. L’'ORATEUR · texte numérisé non relu

M. L’'ORATEUR

L'honorable M. de Boucherville avait obtenu permission du lheutenant-gouverneur de donner dès exp'ications relatives à son renvoi d'office, à la séance de lundi, 4 mars courant, ÆEntre une heure et demie et deux heures de ce jour, 4 mars, il reçut de Son Excellence, une signification de ne point don-

ner d'explications avant que le nouveau cabinet fût formé. Cet évépement ayantété maintenant annoncé, l'ex-cabinet de Boucherville est en droit, en veriu de la permission obtenue, de donner à la chambre et au pays des explications.

Mou devoir est d'annoncer à la chambre que le cabinet de Boucherville n’a point résigné. Un gouvernement possédant la confiance de la grande majorité de l'assemblée représentative, et de la presque totalité du conseil législatif, n’a pas le droit de résigner, #11 à à cœur les intérêts du pays et le respect de son devoir. Ce gouvernement a reçu du lieutenant-gouverneur un RENVOI b’Orrice. Les faits qui ont précéJe et suivi cet événement sont cousignés dans un journal tenu de jour en jour et d'heure en heure sous la dictée de lex-premier ministre, et en voici le récit exact et fidèle.

Le 26 février 1878, vers quatre heures et demie de l'après-midi, le premier ministre reçut du lieutenant-gouvesneur, par l'entremise de son aide-de-camp, la letire suivante :

(Copie.) Hôtel du gouvernement, Québec, 25 février 1878.

A l’honorabie C. B. de Boucherviile, Premier ministre de la province de Québec.

Le lieutenant-gouverneur désire que le conseil exécutif prépare pour sa considération un « fastum » comprenant une copie des documents suivants :

10. Une copie des actes du parlement fédéral autorisant la construction du chemin de fer maintenant connu sous le nom de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, ainsi qu’une copie des acte: de la législature de la province de Québec convérnant le même chemin.

20. Une copie des actes de la Jégislature de la province de Québec concernant la construction de ia voie ferrée entre Quebec et Montréal, ligne désignée communément sous le nom de « chemin de fer du Nord. » hs

30. Copie des règlements de chacune des corporations municipales au moyen desquels elle s’est enga-

em means temps mana orne on

| gée à venir en aide a'la construction des dits chemins.

40. Un état du montant de l’aide payé par chacune de ces corporations, et une copie des correspondances échangées entre le gouvernement, ses commissaires ou les contracteurs des dits chemins de fer et les mêmes corporations municipales, au sujet de leur aide ou subvention.

90 Copie des divers contrats qui ont été passés pour la construction de ces divers chemins.

60, Une copie des rapportsofficiels, ou confidentiels, des ingénieurs qui ont èié chargés de localiser ces lignes de chemin de fer, en tout ou en partie.

70. Copie du rapport des commissaires des chemins de fer soumis aux chambres, durant la présente session, au sujet des dits chemins.

80 Copie des représentations faites au gouvernement par les on municipaux intéressés, ou. par les contribuables de ces municipalités, au sujet des conditions de leur aide ou subvention.

Jo Copie des résolutions qui ont été proposées à la législature provinciale, durant la présente session, au sujet des dites subventions, et pour en faciliter le paiement et le recouvrement,

100 Copie du bill, basé sur ces résolutions, qui a été proposé à la Législature de Québec, durant la présente session.

110 Un plan indiquant les diverses localisations de chemin des dites voies ferrées ou d'aucune partie d’icelles.

120 Un exposé des raisons qui ont engagé le gouvernement provincial à ne se point contenter des dispoeitions du Droit statuaire et public, ec de celles du code civil de cette province, pour opérer le recouvrement des sommes d'argent qui peuvent étre dues par ces corporations, mais, sans en avoir préalablement avisé, en aucune manière, avec le lieutenant-gouverneur, à proposer une Jégistation eæ-post-faclo pour les y contraindre. Et. 4

Un autre projet de loi, fort important, pour pourvoir au prélè verñent de nouveaux impôts, a élé aussi pa.

reillement proposé à la législature, sans avoir été soumis à la considéra-

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tion préalable du lieutenent-gouverneur. > Le lieutenant-gouverueur comprend facilement que des propositions d'importance secondaire, et sur lesquelles il a été suffisamment rerseigné d'avance, peuvent être, comme matière de routine, proposées aux chambres sans un ordre exprès de sa part ; mais il ne saurait permettre que l’'Exécutf fit des communications de sa part à la legislature, dans celles qui sont d’un ordre nouveau ouimportant, sans s0n autorisation spéciale et sans avoir été pleinement renseigné et avisé préaleblement.

(Signé) L, LETrgiLIER, Lt-G.

Le premier ministre prépara sa réponse dans la nuit du 26 au 27 févner. Ceite réponse a été par luimême livrée au lieutenant-gouverneur, à Spencer Wood, vers dix heures de l’avant-midi de ce jour (27 février) 1878. Elle est comme suit :

Québec, 27 février 1878.

A Son Excellence l’hon. L. Letellier de St-Just, Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec.

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