‹ Le coup de chaleur: L'insolation et la mort par la chaleur: Différence des accidents et de la pathogénie de la mortChapitre 12 sur 21 · DOME · texte numérisé non relu

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des syptômes prémonitoires décrits par Barclay, tels que nausées, contractions épigastriques, émission et même incontinence d’urines claires et abondantes, et abolition de la transpiration. |

« Get accident débute aussi d'emblée par la forme aigue, dit M. Morache (1); dans une première période, le malade est pris de délire avec convulsions, puis il tombe affaissé avec pâleur de la face, accélération des battements du cœur et du pouls, et surtout élévation extraordinaire de la température du corps, élévation appréciable des assistants, le thermomètre marquant 40° (Taylor), 42% et même 44 (Waod). Presque immédiatement après, la respiration devient stertoreuse et se ralentit, des signes de congestion pulmonaire apparaissentévidents à l'auscultation, le pouls et les battements du cœur deviennent de plus en plus faibles, intermittents, la peau se refroidit et prend une teinte livide : pendant ce temps, la température du corps augmente encore ; (44°, 45°) des convulsions cloniques, quelquefois de véritables crises épileptiformes ne précèdent la mort que de quelques minutes. »

Le malade est pâle, cyanosé, quoique sa température interne soit toujours très élevée, sa peau est ordinairement froide, visqueuse,; il fait au début tous ses efforts pour faire entrer dans ses poumons l'air qui lui manque ; aussi, le nombre des mouvements respiratoires est-il souvent pius que doublé. Le Docteur Holmes-Coot, de Saint-

(:) Morache. Traité d’hygiène militaire (p. 945).

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3artholomews” Hospital, a compté jusqu'à 450 inspirations par minute.

Puis, arrivent à peu près en même temps la disparition de la sueur, une sécheresse extrême de la peau et une température fort élevée du corps pouvant se prolonger et même augmenter après la mort. « La température s'élève à 44° et 45° et persiste longtemps après la cessation de la vie (1). »

Le D° Wood (2) a trouvé :

2 heures après la mort. Température thoracique 42°2 1 — — abdominale 4292 1 = = = 43°6

Les lésions anatomiques que l’on trouve à l'autopsie de sujets ayant succombé au coup de chaleur sont loutes pulmonaires.

Mortimer, Shauks, Green, G. Mackay n'ont Jamais trouvé de lésions cérébrales.

Chapple : « Rarement j'ai trouvé les vaisseaux de l’encéphale congeslionnés. »

D'après Ranald Martin, on rencontre parfois une congestion du cerveau, mais elle est tellement au-dessous de la congestion pulmonaire, qu'on ne doit la considérer que comme une conséquence de l'asphyxie.

(4) Hestiès, Etude sur le coup de chaleur. (Thè:e do Paris 487C.

(2) American Jounal of medical sciences.

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Taylor trouve sur soixante-dix-neuf autopsies :

Sang éplanché entre le cerveau et ses enveloppes 4 cas. — infiltré dans l’arachnoïde......................… 5 De Pas d’altérations cérébrales ou méningiennes .…... 72 »

Mac-Clean : « L’altération pathologique la plus constante dans tous les cas, et dans tous les degrés de la maladie, c’est une congestion pulmonaire des plus intenses; jamais on ne rencontre une congestion à un si haut degré - dans aucune autre affection. »

Les poumons sont, en effet, fortement congestionnés ; ils présentent l’aspect et la consistance de deux caillots sanguins : leur degré de congestion varie avec l'intensité des symptômes.

A cette congestion pulmonaire, viennent se joindre toutes les lésions que l'on rencontre dans l’asphyxie : ecchymoses sous-pleurales, congestion de tout le système veineux, sang très noir et très liquide.

Jamais on n'a signalé d’allérations du côté de la moelle ; le foie et la rate présentent une congestion, liée probablement aux phénomènes asphyxiques; le cœur contracté est plein de caillots noirâtres, ou plus souvent de sang fluide; de même pour les gros vaisseaux y attenant.

Quelles sont les conditions dans lesquelles se produit le coup de chaleur?

La première est évidemment une température élevée : en général, le coup de chaleur peut se produire dès que

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le thermomètre marque une température supérieure à celle du corps humain, 87, Mais une température plus élevée que celle-là peut exister, et être très bien supportée sans donner naissance à des accidents.

Une cause bien plus importante, est la viciation de l'air respiré par le sujet ou son trop faible renouvellement : c’est ainsi que l'on voit le coup de chaleur prendre naissance dans les foules, dans les corps d'armée en marche en colonnes serrées dans les rues étroites et encaissées, dans la mer Rouge, sur laquelle l'air est peu agilé, à cause de l'élévation des côtes.

« A l’action d'une température extrême, dit M. le professeur agrégé Rondot (1), vient s'ajouter un véritable empoisonnement humain, qui prend naissance dans les circonstances que je viens de signaler, et qu'on a observé surtout dans les foules, ou quand les hommes en rangs serrés s’avancent dans des rues étroites, dans des chemins encaissés, en un mot dans toutes les dépressions du sol où l’aération insuffisante empêche le renouvellement de V’air, le charge des résidus dela respiration et le rend dans une certaine mesure impropre à l'existence. »

Puis vient la raréfaction de l'air sous l'influence de la chaleur; il estévident qu'à volumes égaux, l'air à 15 degrés contient beaucoup plus d'oxygène qu'à 40°.

Cette cause des accidents n’a point échappé à M. Guyon; voici ce qu'il dit dans son travail sur les accidents pro-

(1) Travail communiqué à la Société d'hygiène publique de Bordeaux (24 mar*), Revue Sanitaire, 10 avril 4885.

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duits par la chaleur dans l'infanterie en marche, et de leur aggravation dans les haltes par la position couchée : « L'homme couché reçoit une plus forte somme de calorique que lorsqu'il est debout; de plus, dans la première de ces positions, l'homme respire un air dont la température est pour ainsi dire celle du sol lui-même, air des plus raréliés et des plus faibles en oxygène par conséquent; aussi l'homme, dans cette position, pourrait être comparé à l'oiseau expirant faute d'air sous la cloche de la machine paeumatique. » Il constate aussi que les accidents sont moins fréquents chez le cavalier : …l marche en colonnes moins serrées, et, ayant la tête plus haute que le fantassin de 70 ou 80 centimètres, il respire un air beaucoup moins raréfié; c'est sans doute à cette même différence de température et de raréfaction entre l'air respiré par le bœuf et celui respiré par le cheval à raison de leur taille différente, que le premier, dans leurs communs travaux, est plus accessible que le second aux accidents produits par la chaleur, comme l'établissent toutes les observations faites sur ce sujet, en France et ailleurs.

De plus, le cavalier se fatigue beaucoup moins pendant la marche que le fantassin : or, la fatigue est aussi un élément éminemment favorable à la production du coup de chaleur : ce n’est jamais au commencement d’ine marche que se produisent les accidents, mais toujours à la fin, alors que le soldat épuisé, par la route qu'il vient de faire, par la perte de sueur, par la poussière qu’il à iuspirée

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et qui gêne sa respiration, ayant beaucoup travaillé et par conséquent beaucoup dépensé d'oxygène, n’en trouve plus dans l'air qu'il respire une quantité suffisante à ses besoins parce que l'atmosphère qui l'entoure est viciée (on saït en effet qu'une colonne entraine avec elle une masse d'air dans laquelle au bout d'un certain temps l'oxygène est dans des proportions bien inférieures à celles de l'air atmosphérique, et qui est viciée par les produits de la respiration et les diverses exhalations cutanées des hommes de la colonne), et qu'alors, après avoir vainement essayé de compenser le manque d'oxygène par un plus grand nombre de mouvements respiratoires, il tombe asphyxié.

Il est donc inutile, pour qu'un sujet soit frappé du coup de chaleur, qu'il soit exposé à la lumière solaire : mieux vaut, au contraire, que le ciel soit couvert, que l'atmosphère soit lourde, le temps orageux. Qu'on nous permette, à l'appui de ce fait, de rapporter les rois observations suivantes : la première est celle du D° Mathis, médecinmajor de la Creuse, allant de Toulon à Saigon. On trouva le 5 août 1877, la température étant de 32°25 à 34°50, à deux heures de la nuil, dans un coqueron (logement étroit, situé dans les profondeurs de l'arrière du bâtiment) un matelot, le nommé D...., sans connaissance, frappé d’un coup de chaleur. Malgré les soins du D° Mathis, il mourait un quart d'heure après.

Voici la seconde, extraite d’un récit emprunté au D° Roques :

« À partir du moment où la légion de la gendarmerie

mobile a été engagée dans le parc de Saint-Cloud, à l'ombre par conséquent, les accidents les plus graves se sont produits. La colonne marchait sans précipitation et les gendarmes les plus vigoureux commençaient à s'égrener sur les bords des fossés. Enfin, arrivés sur le plateau ensoleillé, M. Roques trouva, couchés par groupes, des gendarmes et des sous-ofliciers. L'un d'eux, le brigadier R.., était livide, froid, sans pouls. Sous l'influence de quelques soins, la respiration se rétablit bientôt; R... put parler et essaya de se lever, mais il bégayait et son œil hagard fit soupçonner que le poumon n'était pas seul pris par la congestion. Des frictions, le massage, des applications de glace sur le front, quelques gouttes d'éther et d'eau des Carmes parurent le ranimer un instant.

» Réclamé auprès de plusieurs groupes d’autres malades, M. Roques fut amené auprès de quatre sous-officiers gravement atteints. Un maréchal-des-logis, L..., avait des convulsions épileptiformes. Un gendarme était couché sans connaissance dans un massif ombreux. Pendant qu'il lui donnait des soins qui le ranimèrent assez promptement, on vint informer M. Roques que le brigadier R... était encore retombé. En revenant en arrière pour aller à sa recherche, notre confrère rassembla en groupe 6 hommes incapables de mouvements et les fit mettre en voiture. Là il trouva un autre maréchal-des-logis, S..., qu'il avait déjà vu quelques instants auparavant sans connaissance, mais qui s'était relevé presque aussitôt dans un'état des plus alarmants : la face blême, le regard fixe, anxieux, sans

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pouls, la peau froide ei visqueuse, balbutiant, ayant le regard d'un aliéné dans la période qui précède l'agitation ; quant au brigadier R..., il n'avait pas repris connaissanse, il était sans pouls et presque sans vie lorsqu'on le plaça sur la voiture. Il rendit le dernier soupir entre Ville-d’Avray et Viroflay. Les autres malades étaient accablés mais hors de danger, sauf le maréchal-des-logis L... et un gendarme qui s’assoupissait ou criait alternativement. A leur arrivée à l'hôpital militaire de Versailles, vers huit heures et demie, le maréchal-des-logis S..., au moment où les infirmiers montaient dans la voiture pour le transporter, fut pris d'un état convulsif violent; une heure après il succombait, malgré les soins les plus empressés. »

- Nous prenons la troisième dans le travail de M. Rondot : « Il s’agit d'un homine vigoureux qui, pendant l'été dernier, fut employé à la construction d'un navire sur lequel avaient été ménagées toutes les dispositions reconnues aujourd'hui nécessaires pour réaliser à bord les progrès de l'hygiène navale. Cet ouvrier travaillait le {2 juin dans une encoignure de l'avant à une seule ouverture consistant en un trou d'homme dans un espace resserré où il faisait une chaleur insupportable que rendait plus pénible encore la présence d'ordures et de débris de toutes sortes, et il était seul de son équipe qui eùt acceplé d'y rester. Il affirme que la lumière indispensable pour se reconnaître dans l'obscurité s'allongeait, vacillait de temps à autre, et se serait même éteinte à plusieurs reprises; il n’est pas moins affirmatif du reste sur l'absence complèle

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