I- iD
fM —
O ro
O CL
l'échalote et la crème, s'immobilisèrent soudain.
— Ah! ah!
— Voyons, du calme, dit M, Repin, qu'est-ce qu'il y a ?
— Il y a, dit M. Gaillardon, il y a qu'il y a maldonne. Voilà ce' qu'il y a.
— Maldonne !
— Parfaitement.
M . Repin regarda sa femme et ses deux filles qui, le buste écarté de la table, le regardaient. Il dit :
— Comprends pas, et vous?
Celles-ci firent signe de la tête :
— Ni nous !
— C'est pourtant bien simple. Il y a que je vous ai demandé l'une de vos filles, et que vous m'avez donné l'autre. Vous me direz ce que vous voudrez, mais il me semble que ce n'est pas d'un franc jeu.
M. Repin leva les bras, les abaissa, siffla du bout des lèvres.
Original from UNIVERSITV 0F MICHIGAN
<* u m ru
Q. TJ
tî eu ■= B ^ o o I- iD
fM —
O ro
O CL
— Pu tu tu U U.
Il atteignait l'extrême de l'étonnement. Ces dames ne firent pas un geste, atterrées. Selon la méthode ancienne, le silence, le grave et majestueux silence, prince des situations fausses, régna. Enfin M. Repin parvint à parler :
— Il fallait le dire, il fallait le dire !
M me Repin, un moment déconcertée, renonça à se contenir davantage.
— Gomment, ce n'est pas notre Henriette que vous nous avez demandée ?
— Pas du tout, c'est mademoiselle Marie !
M. Gaillardon, ayant chiffonné sa serviette entre ses doigts, l'écrasa sur la table, se leva et marcha d'une fenêtre à l'autre et inversement, d'un pas inégal, avec une grande agi tation. Ses bretelles étaient un peu anciennes et mollissaient. Son pantalon tenait mal. Il le relevait d'un mouvement brusque, puis se croisait les mains derrière le dos. Ces demoiselles, bouche bée, attendaient la suite.
C*(\r\Ct\i' m Original from
by VjUU^IC UNIVERSITY OF MICHIGAN
<* u m ru
SI
tî eu ■= B ^ o o I- iD
fM —
O ro
— Femmes, du calme, dit M. Repin, de la dignité. Ne nous emportons pas comme des libertins.
Sa recommandation était superflue. Personne ne songeait à s'emporter. Seulement, on se trouvait aux prises avec une difficulté inattendue. Il s'agissait de la tourner avec tranquillité et prudence, comme un arbre qui, déraciné par le vent, barre la route. M. Repin se leva également et commença une promenade à l'exemple de M. Gaillardon, mais en sens opposé. Au troisième croisement :
— Monsieur, dit il, je ne vous dirai pas que je suis surpris, je suis étonné, profondément étonné, mais, après tout, rien n'est fait, et du moment que vous reprenez votre parole, nous vous la rendons.
Il était presque distingué, ayant parlé un jour, en personne, au préfet, et la gravité du cas lui faisait trouver des phrases correctes.
— Oh, je ne réclame rien, dit M. Gaillardon,
C*f\r\Ct\i mm Original from
by VjUU^U. UNIVERSITY OF MICHIGAN
<* u m ru
ru
en frappant l'air de son bras comme d'un fouet. C'est fait, c'est fait, tant pis pour moi!
Tout à coup on entendit des sanglots, et Henriette en larmes, les mains sur les yeux pour cacher son visage, dit, convulsée:
— Mais je ne tiens pas tant que cela à me marier, moi ; s'il aime mieux ma sœur, qu'il prenne ma sœur.
— Ça, jamais, déclara M. Repin; j'ai toujours dit que tu te marierais la première, la première tu te marieras.
M me Repin semblait aussi opiniâtre, mais Henriette vint embrasser son père et lui dit :
— Je t'assure, mon papa, que j'ai bien le temps de me marier.
— Bien le temps, mais tu ne sais donc pas que tu as vingt-cinq ans, presque vingt-
si
si x.
Q. TJ
£î eu ■= B ^ o o I- iD
{J CL
— Si, si, mais, vois-tu, j'aime mieux attendre encore un petit peu.
Elle le suppliait, pleurante, avec des hoquets,
f^nrmfi* Original from
byVjUUglL UNIVERSITYOF MICHIGAN
<* u m ru
SI
Q. TJ