‹ Le coureur des bois;Chapitre 5 sur 56 · LE JUGEMENT DE DIEU · texte numérisé non relu

LE JUGEMENT DE DIEU

Un moment de stupeur suivit ce meurtre si rapidement accompli. Don Antonio ne bougeait plus. Fabian semblait oublier que le bandit n'avait fait que hâter l'exécution de la sentence qu'il avait prononcée luimême.

« Malheureux ! s'écria-t-il en se précipitant vers Cuchillo, le canon de sa carabine dans la main, comme s'il n'eût daigné se servir que de la crosse contre le bourreau.

— Là, là, dit Cuchillo en se reculant, tandis que Pepe, plus porté à l'indulgence envers le meurtrier de don Antonio, s'interposait entre eux deux, vous êtes vif et emporté comme un poulain sauvage, et prêt à chaque instant à donner de la corne comme un novillo *. Les Indiens sont trop occupés ailleurs pour penser à nous. C'est une ruse de guerre, afin de vous rendre plus vite le service signalé que vous m'aviez demandé .

Page 1