SCÈNE PREMIÈRE
JÉROME, puis JOUQUBT.
rfnovR, sortant de la maison et venant s'asseoir pris de la toble qui est dehors .
Voyez s’il viendra seulement un passant pour étrenner mon dernier iour de propriété... personne!... la maison est maudite... allons il faut se décider... il faut que jaillu à Lieursaint, j donner mon consentement, pour que celle auberge soit vendue ; pour que mes créanciers n’aienl plus rien à réclamer de moi... et demain... eh bien, demain... je serai sans asile, suis ressources... mais, au moins, l'honneur me restera! joi.iqukt, t mont du fond.
Patron 1 ah 1 patron I
JÉRÔME
Que veux-tu, Joliquel P
JOLIQUKT.
Qu’est-ce que vous me donnerez pour ce que je vous donnerai?
thon.
Est-ce bon, est-ce mauvais ?
JOLIQCET.
! Ça vient de Douai, ça^doit être bon, tenez t (Il lui donne u ne lettre .)
JÉROME
De Douai! de mon fils Lesuniuesl... AM... merci, mon Dieu!... j’allais me désespérer, vous m envoyez une consolation, fil li«.) «Cher bon père, j’arriverai demain à Paris, avec ma 1111e Julie. » Nous logerons rue Montmartre, numéro lis. Je marie Julie »à un brave garçon qui la rendra heureuse... Venez nous » voir aussitôt que vous recevrez c elte lettre.
» Nous signerons le contrat demain après dîner.
» Votre bon fils qui vous aime,
« Lrsuhoum. *
Demain... (Atwcunvrtuma.) Oui, je pourrai demain aller chw toi, Lesurqucs, je serai libre demain, je n’aurai plus d’affaires 1 ... Allons, finissons-en, mon fils revient, je ne veux pas qu’il me croie dans la misère ; je ne veux pas qu’il voie tout ce malheur qui m’entoure ., pauvre garçon! lui qui a tant travaillé.. lui. qui a si bien réussi, pourquoi l'affligerais je de mon inlorlune, les gens heureux no gênent jamais... Domain, je prendrai l’habit des dimanches, l’air content, et je n’apporterai rien de sombre au repas des fiançailles de ma petite- tille— et puis après..- nous verrons. Joliquel?
jouquet, qui est remonté au fané .
Patron t
JÉROME
Je vais sortir, garde bien la maison.
IOI.IQIÎBT.
Ah ! ça ne sera pas difficile . . il n'y a rien dans la maison
jfaMlt
C’est vrai... répondant il y a du vin, de l’eau-dc-vie, il faut qu’il y ait queluu un ici quand le courrier du Lyon passeia. C’est notre seule pratique, le courrier, je tiens à ce qu’il soit bien servi.
JOUQUET.
N’ayez pas peur, patron... un polit verre de dur au postillon •• une demi bouteille de vieux au courrier... voilà, c’est réglé ... entre huit heures et huit heures et quart ; ça no varie jamais Mais vous m'avz dit que vous parliez... où allez -vous, sans vous commander, patron?
jérome.
Je vais ALieursajni, Joliquel.
joiiyrrr.
Quoi faire, sans vous commander?
iénonâ.
Tendre la maison, te chercher un meilleur maître.
loi. louer.
Vendre la maison !... et moi avec I...
JÉROME
Toi avec, oui.
JOLI |l'ET.
Ah !... et vous sortirez seul comme ça le soir?
OtEMB.
Pourquoi pas?...
•OUVOBV.
On dit que les routes rom sûres, mais c’est fierais jas; armez-vous, pi Itou, armez-vous.
JÉROME
égal , je ne m'y |
Lais«e-rooi donc tranquille... t. est convenu, tune bougeras pas d’ici?
Moi! jamais!...
JOUOlfRT.
JÉROME
Qui vient là? j’entends le pas d’un cheval.
;ououkT.
Rien, un postillon qui passe ù vide... et qui ne s'arrête pas. allez!
jÉBout, arae un soupir.
Allons... mon chapeau... ma canne., oui, c'est un sacrifice à latre... il luul que celte maison soit vendue... Allons!..
(Il sort à gauche , troisième plan.) joi.iqüet, /mi donne mm chapeau, sa canne .
Bon voyage, patron ! bonne chance !