LE COURRIER RF LYON
Moi, je ne dis pas... je n’ai rien, je suis un philosophe... | mais, toi. tu es loueur de chevaux, à vingt sous l'heure , tu lui ; fourniras des chevaux.
CIIOPPAHIt.
Si les cavaliers de la République donneut la chasse aux Prus- ! siens avec les chevaux que je loue, ça nu sera pas Ion Prus- i siens, qui seront attrapés. Mais il ne vient personne, nom d’un j tonnerre !
FOUUIARD.
Es-tu bien sûr, que ce soit ici le rendez-vous P...
CHorr*Hü.
Si j’en suis sûr!... tiens! .. iveonnais-tu cette éerilure-là. . 1 cette denture niuscadine, comme celui qui l’a gribouillé*.
ruUINAHD.
L'écriture de Courriol !... «h bien P...
cimrrAAD.
Eh bien, lis toi-mème... a Trouvez-vous. Fouinard et toi, le » 8 floréal, à dix heures du matin, chez Hardouin. traiteur, rue ••du Bac, numéro 17. J’y serai... La société veut mellru une p belle affaire en train. Soyez exacts , je vous expliquerai » tout. » l
fouinard.
Il nous expliquera tout
CHOPPAR0
Est-ce claire... Sommes-nous au 8 floréal, an IV?
FUIINAHD.
1796. vieux style, oui
choppahd. rmuMloal au fond avec Fouinard.
Sommes nous rue du Bac, numéro 47, «t ne lis-tu pas, sur cette lanterne, le noble nom de Hardouic, traiteur?...
routNAip,
C’est vrai.
cnnppABO.
Penses-tu qu’il soit dix heures du matin ? [Midi sopne.) fouinard, écoulant.
J’entends sonner midi.
cuofPARD, redmccndanl
1) n’y a pas de belle affaire qui tienne, j’ai l’estnmnc dans les I talons; non, vois-tu. Fouinard, j’aime l'indépendance, moi, je I suis las de servir sous Courriol, qui fait le tenu, comirté le citoyen Directeur Barras, et qui nous laisse moi fonda* à l'attendre... Qu'est-ce qu’il est de plus que nous. Courriol?. . des mains blanches, un homme qui a été au collège, un propre à rien... qui a toujours deux parts dans toutes les affaires
FOL'lNAKD.
11 sc met bien, faut être juste
CliOPPARD.
F.l ça te suffit pour lui obéir?.. Ma foi, au diable, j'ai trop faim, je m'en vais !
FOUINARD
Chut!... si le garçon l’entendait!
CMOPPARD.
Ah ! bipn, oui. . Et puis, ça m 'est é?al dés à préçent. Je veux m'émanciper, je veux faire mes affaires moi-mème , manger quand j'aurai faim, boire quand j'aurai soif. El, pour commencer, voilà deux heures que je croque le uianuot, je déuaiupo... Adieu , Fouinard, (U va pour sortir.)
FOUINARD- même jeu,
Ab l si tu l'en vas, je m’en vas.
CHOPJVUID.
Filons... en route !... (Us s'arrêtent o la voix du garçon.)
coda mur.. .
Faites le menu, Fouinard... [A ChqparJ.\ Vous avez médité ma lettre? .. (Fouinard c*ni<r «'« le garçon.)
CMOPPARQ,
Pendant cent trente minutes
COI MUOt.
L’aflairc VOUS va?...
cnomi|>
Quelle affaire, vous avez promit de noue la conter.
COUKIllOL.
Il fliiulrail la connaître, et je suis comme vous, je ne la connais pas.
moppARD.
Alors que faisons-nous ici?
COURRIQi.
Non» attendons un nouveau chef... un inconnu-., celui qui sonnera l'idée et les moyeu* de IVxôouIm.
CUOPFARD.
Qui est-ce P un malin"?...
COURRIOL.
Je ne le connais pas.
CUOFPiftB.
liais de sa personne?...
COURRIOL.
Je ne l'ai jamais vu.
cuorriRD , avr humeur.
Vous êtes joliment renseigné I... son nom, au moins?-. coi nmpL
Ah ! jf ne sais pas. . .
(/ci Fouinard renvoie le garçon et revient t wi Courriol et (Mu/tp/rd.)
CliOPPARD.
Ah! c’est trop fort... Gommeut le reconnaîtrez-vous alors ? Si vous me donniez un signalement, au moins, je connais tous les fameux de France-
courriol.
Voici ce qu'on a décidé... Un homme viendra ici, chez Hardouin à deux heures ; ü se placera à l'une des tables qui garnissent le salon... Il demandera une bouteille d'absinthe, cest sa liqueur Iuvorite,et il la boira tout entière, c'est son habitude... Voilà le signalement... reconnaîtra qui pourra.
GHOPPARD.
Je ne connais qu’un homme de cette force-là; mais cet homme ne viendra pas ici aujourd'hui.
FOeilUAD.
Pourquoi cela P...
CMOPFARD-
Parco qu’il habite ailleurs., et que le médecin de la maison lui a défendu de sortir.
FOUINARD
Qui donc, hein?...
CliOPPARD
Eh! parbleu, Dubosc!
Le fumeux Dubosc!... Voilà deux ans qu’il habite leCh&tca~itVOmpctte à Bordeaux.
couprARo, saluant Courriol.
C'est ce que j’avais l’honneur de vous dire. Ah! si c’était Dubosc, j’aurais confiance... En voilà un qui a des idées .. quand il est en plein air!... Malheureusement, il n’est jamais *’n plein
Lis MÊMES, LE GARÇON. COURRIOL.
l« garçon, wwrof de ér- ite.
TVir Ici, Citoyen, par ici, il y a de la place par ici.
FOUINARD, a L/loppuni.
Voila Ggurrioll... restons-
couRRUiL , «a/nmf.
Ah! bonjour .- Eh bien, quoi! vous partiez?...
CRDP 1*410»
C’est que voilà deux heures qu’il est dix heures .. et— QMAilff..
Et vous trouviez le temps long ?... F.x« ntav mpi. jW rencontré en venant des figures qui m uni uuplu cl j ai pris le plut long...
CNOPFAflO,
C’est une raison. .. Ici, je crois qu’on sera tranquille. cwmiol»
Oui, je ne connais pursoune dans ce quartier.
I B CANÇUN.
Ces Messieurs vont déjeuner?...
FOUINARD
Oui, Citoyen.