DI DUE
Vous me quittez ?...
• t . WW.
lisez i
DIDIER
Que pouvez-vous m’écrire, que vous n’ayiez plus tôt fait de me dire à moi-môme ? ^
JCLIB.
Lisez vous dis-je!., ma lettre est plus hardie que moi... guvent... la main a le courage de tracer un mot!, aue la houeb. a le cour w refpstnU.nl h prononcer. q w
«art.
Oh ! ce n’est pas que mon père soit coupable... à mes yeux '. qu’importe ce que disent les témoin-:, qu'importe ce que disent les accusateurs, qu'importe ce que décidera le Jury !... On a vu, dit-on, mon père criminel un instant, mais moi depuis seize ans, depuis que je respire, je l’ai vu le meilleur, le plus loyal des nommes! oh! ce n'est pas devant moi qu’il faut l’accuser I Mais tout cela ne doit pas vous toucher, Didier, je suis la fille de M. Lesurques. moi, c’est mon devoir de parler ainsi; vous qui avez un père aussi, vous qui avez des soeurs, vous ne devez pas accepter une part de notre déshonneur, qui rejaillirait sur votre famille... vous m’aviez promis de m’epo«s«*r, je vous rends votre parole ; vous m'avez du que vous m’aimiez, je ne m’en souviendrai plus ; a partir de ce moment, Didier, vous êtes dégagé, vous êtes libre, pardonnez-moi le tort involontaire que vous aurez reçu do moi.
DIDIER
Mademoiselle, chacun me regarde comme on honnête homme; eh bien, je cesserais do l'être , si je reprenais ma parole... Avec qui me suis-je engagé ! J avec votre père, qui pour moi non plus, n’a ms démérité un seul moment... Son innocence, vous en êtessorc, dites-vous, moi, je dis plus, je la prouverai dussè je employer à cela, tout le temps que j’ai à passer sur la terre \ dussé-je y perdre ma fortune et ma vie elle-même, car j'avais juré à votre père de vous rendre heureuse, et il ne peut y avoir de bonheur pour vous, sans la présence de ce père justifié. réhabilité, rendu à l'amour, à l'estime de toute sa famille. (Didier se levé.) Ce que je jure, Mademoiselle , je le tiens!... J’accomplirai donc cette œuvre, et quand Dieu m’aura conduit au bout de ma lâche , quand je vous aurai aidée , soutenue. consolée, pendant la captivité de M. Lesurques, quand je le verrai libre dans vos bras, quand je saurai qu'il n’eziste plus une omhre dans votre bonheur, un nuage dans votre avenir, alors, Mademoiselle, si vous me le demandez toujours, j'oublierai... que vous, vous aussi vous étiez engagée envers moi, et qpe naguère encore, vous me disiez : Didier, je vous épouse , non pas parce que je suis riche, entourée, heureuse, mais je vous épouse, Didier, parce que je vous aime !
JOLIE
Oh 1 Didier, je vous aime plus que jamais !
Didier, prenant let mains de Julie oui te lève.
Vous m’aimez, Julie, alors votre main dans la mienne, marchons la télé bien haute, bien fière, quel que suit l'arrêt qui frappera noire itère. Julie, nous avons «leux ressources inépuisables. deux forces que nen 1)6 saurait dompier!... notre amour, qui nous soutiendra contre ta méchanceté des hommes; notre bonne conscience, qui plaidera pour uous, devant le tribunal de Dieu.
JULIE , à Didier.
Oh! Didier, vous me rendez la religion!... (S il* tombe à genoux.)
DtDiBn, la relevant.
Oh! nous n'avons pas a vfiêespérer, tout ntost pas fini pour
CHOPPARD.
Sa mie !...
BAOUNTO*.
La justice, Monsieur, n’est pas l'inhumanité!
LtttJRQtES.
Merci! ( tt tend les bras à Julie qui vient t'y jeter, tandis que Didier lui serre Us mains,)
CIlOPPARD.
Tiens! tiens! pauvre Dubosc! a-t-il une nichée de famille! ça m'intéresse encore plus 1 aie pas jxcur, va, ce n'osl pas moi , qui te chargerai.
DArvcirron. à Choppard.
Qu» reconnaisse!- vous ici?...
tnopPARn, à part. ^
Voilà le moment. {Haut. Moi? mais... je reconnais M. Courriel que voici... Bonjour, M Courilol, ça va bien chez vous?...
COURRIOL.
Votre très-humble, M. Oujppard.
DA Mourra !T.
Que noua direz-vous sur monsieur, relalivemint au 8 floréal?...
caoerASD.
Mais rien de particulier...
OMIRNTOIT.
Vous ne lui avez pas loué un cheval ce jour-là? ... ciiopp ahd.
Peut-être oui, peut-être non., je ne sais pas!...
COOMNOk
J’en louais souvent chez lui... il n’est pas étonnant.. OAOBEnTOvr d Courriot.
Taisez-vous!... { A Choppard.) Mais il v a une autre personne ici, que vous pourriez reconnaître aussi?...
choppard, à part.
Nous y voilà!... (Haut.) Qui donc?...
DACDSKTOH, montrant Le turques.
Monsieur, par exemple.
aiorpARD, ailant à U turques.
Monsieur?.. .je ne le connais pas...
jolie , joyeuse.
Ohl... '
DIDIER
Mon Dieu!.,. (// lui serre les mains.)
OA OHM TON.
Faites attention cependant que monsieur a été chez vous le i floréal.
(Lesurques descend, Choppard uo vers Leswques.) CIlOPPARD. ,
Chez moi?... (// fait un signe à Le. turques Honni.)
MrltMTOl.
Sans doute, monsieur l'a déclaré.
chopcaud, «urDris.
Monsieur!... (Basa Laur-pir*.) Tas déclaré cela, malheureux ?...
LE'irriQüex, haut.
Plaît-il?... Que diles-vous?...
DAUBENTOH.
Comment?...
cnoppinn, d Daulenton.
Moi? rien... (A part.) Qa’ost- ce qu'il a donc?... {Haut à f>«urques.) C'est M. le juge gui prétend que vousavez déclaré...
LCMIBQL'LS.
J’ai déclaré ce qui est.
cnom#».
Que vous êtes venu chêz moi?...
Lt5cnques.
Conduit par Cou moi, oui.
rnoPPABD.
Le 8 floréal, jour de l'assassin?...
LBSDBQVZS.
Le 8 floiéal.
ciroppABti, bas d Issurqxus.
Ah ! ça, mais tu es fou !
lesu hqucs, à Choppard.
Mais qu’avez-vous donc à me faire tous ces signaux?-,
DAOIBHTON.
Des signaux ?...
ciiorpABD, à Dûubtnton.
Des signaux, moi ?... ( A part.) Il est enragé. (tfai.)Tu te mets dedans !... Laisse moi mer !...
LEsrnçeES, d Choppard.
Mais, je ne vous connais pas, je ne sais ce que vous avez à me parler bas. à me donner des conseils!,.. J’ai été chez vous, vous dis je, et c’est vrai!...
cucrrARD, à part.
Al» ! m» fai, tant pis 1... (Haut } Monsieur, je ne dis pas non ;
mais si j'étais pas chez moi, je n’ai pu vous y voir.
DACBENTO*.
Si vous n’étiez pas chez vous, où étiez-vous donc?..,
CIlOPPARD.
Ah I dame !...
BAURENTON. '
Cherchez bien!...
cnorrARD, à part.
Il parait qu’en voulant sauver l'autre, je m'embourbe moi !...
COVRIUOL, passant.
Je puis aider sa mémoire, si M. le juge y consent. (Sur un sipne de consentement de Ihiubmton, Cournot eonfmup.'ll était environ quatre heures, n'est ce pas, Lesurques ?
ciioppAUD^/onnp.
Lesurques!...
couru toi,, éo» d Choppard.
F.h ! oui, ce n’est pas Duhise, c’est l'homme qui lui re • cm blc !... et qu’on prend pour lui !...
aioppAnn.
Ah! ce n’est pas Dubosc... attends... attend?...
dal'ibnton, tes examinant.
lis se sont parlé!...
JC ANN P.
Est-ce qu'ils n’ont pas nommé Dubosc?...
counnioL.
Il était donc quatre heures, et à celte h^urc-là Choppard était chez lui.
CnOPPABP.
Ah ! oui, à quatre heures, j'étais chez moi!...
LKSttlQl'K*.
Mais, je no vous y ai pas vu, moi!
CHOPPARD.
J’y pouvais être sans que vous me vissiez.
COl'I.RIOL.
Et M. Lesurques a pris un cheval chez voua, Choppard?...
CHOPPARD.
Oui, le Souffleur.
COTTRRIOL.
Mais, moi... est-ce que j’ai pris un cheval ce jour-là, Choppard? Est-ce que j'ai été avec Lesurques?
OIOPPART*.
Avec Lesurques? non... j’en jure par tout ce qu’il...
n.lVBENTON, (J ChOPpard,
C'est bien, c’est bien, je no vous demandais pas cela, col'Rkiol, à Dauhcnton.
Ah ! Monsieur , c’est que si j’ai trouvé le moyen de pwTer mon innocence...
CHOPPARD.
C'est vrai qu’il est innocent... comme moi.
COURHIOI..
Redemandez encore à Lesurques si j'ai été avec lui à Licursaint.
LESCRQDES.
Non... 11 n’y a pas été... avec moi, du moins!
* CUOPPARD.
El maintenant. Monsieur, que vous avez reçu ma dépoc-ition, puis-je m’en retourner?... : Fausse sortie.)
daubl.ntov, d Choppard.
Non, pas encore !...
choppard, rtvenint à Davbenton.
Il me semble cependant que... et puis, v’ià l’heure de donner l’avoine aux chevaux et de manger la soupe, mon bon juge.
ÜAl’Bt.VTOjr.
J’ai encore besoin de votre présence.
CUOrrABD.
Pourquoi faire, s’il vous plaît?...
DAÜBENTON.
Vous le saurez tout à l'heure. (On entmd du bruit.) Tenez, vous allez le savoir... Asseyez-vous, Lesurques, auprès de votre fille ! Vous, monsieur Courriol , causez avec M. Didier. Monsieur Choppard, veuillez vous tourner de mon cédé... pas d aiïcctation, pis d’inquiétude, pas de gène, et que personne ! do parle avant que j'aie parlé.
cmopparb, d part.
Quelle diable d’idée a-t-il de me faire rester ici!... Oh ! vrai- 1 ment une ressemblance comme celle là!... A-t-il de la chance, I ce Dubosc!...
counnior., d part.
Cela ne nous présage encore rien de bon !.»* uuurqi es, d Julie.
Qu’y a-t-U encore?...
JCT.II.
Mon père, grâce à notre ami, à notre protecteur, votre Innocence va être prouvée.
cocRRioi. à Didier.
eaomio.
Eh bien î après... Il y en a dix encore de fouets chez ma femme... les a-t-on trouvés aussi, puisque vos mouches y oot ; fouillé?... * .h A . ,
da( ic.\tok, prenant des mat ru de I agent deux traitée.
Non, maison y a trouvé autrecbose...
cuorruo.
Quoi donc?...
BACBZNTO!».
Ces deux traites de cinq cents livres chacune, sur la Banque, tu !i>9 et ISO, qui ont été volées dans le portefeuille du courrier de Lyon... Obi je vous guettais depuis longtemps, Chop-
ciioppard.
Fuméî... .
dacbvvtos, à Choppard.
Vous allez être conduit en prison. Avez- vous des aveux à nous taire ?
enomim, à Daubmton.
Des aveux, à vous? C’est du luxe!
LEsVngl’KS.
Weasieurs.au nom du ciel, avouez du moins q’ s je n’étais pas avec vous t Monsieur, avouez que je n'étais pas à Montgeioii ! avouez que vous ne me connaissez pasl
CRorpAUD, à Ltsurqtus.
A uu’M cela vous servirait-il?... Est-ce qu’on me croirait?... Allez, allez... fautlaisser dire les mauvaises langues !...
lejurques, o Choppard.
Ma, s vous savez bien que je suis innocent. Qu’esl-ce que je vous ai CiitP... Dites donc que je suis innocent:
C10PPAR0.
Puisque tout le monde vous reconnaît, mon petit bourgeois..
LESCRQOU.
r/est une erreur infâme ! c’est une fatalité que je ne comprends pas !... (A Choppard et 4 Courriol.) Mais vous savez tous les deux, dans votre conscience, vous savez que je n ctais pas avec vous. Monsieur, si vous croyez en Dieu... Courriol... s il vous reste un sentiment humain... dites que je n'étais pas avec vous!
CODRRiot, a Lesurq ues.
Mais, mon cher, je ne dis que cela!... Je me lue à le dire.. Non, vous n’éticz pas avec moi, ni moi avec vous. Nous sommes innocents tous les deux !...
CHOPPARD.
Es ne veulent pas le croire, ces tyrans-là...
LRsenQces, à Didier et Julie qu'il terre dont tes bras.
Mais je suis perdu, mon Dieu ! mais je suis perdu !
CIOPPARD.
Oui. Mais Dubosc est sauvé... C’est doux de faire le bien... (Choppard tl Courriol remontent au forvL)
i.ssi'RQuas, au vieillard.
Monsieur, voyons ! il est impossible que vous soyez mon ennemi. il est impossible que vous me confondiez avec un autre!... J'ai 1’àme, j’ai le visage et l’œil d’un honnête homme, regardezmoi; vous aussi. Mademoiselle; toi aussi, regardez bien !... Je vous ai parlé, moi!.., J’ai été boire de l’absinthe chez vous, moi!... moi, j’ai ri, joué au billard en compagnie de ces hommes, moi! Mais regardez-moi, regardez-moi donc, vous dis-je... Est-ce qu’il n'y a pas dans mes veines un sang qui bouillonne et vous cne que le no mens pas?... est-ce qu’il ne s’échappo pas de mon regard une étincelle oui vous dit que je ne mens pas ?... est-ce qu'il ne jaillit pas de mon âme un accent qui vous convainc que je ne mens pas P... (/tu vieillard.) Parlez, Monsieur. (Passade du vieillard.) Un mot, Mademoiselle ! (Au garçon .1 Toi, mon ami... pour mes enfants qui sont là... pour mon pere qui m'écoute, dites que vous vous ôtes trompés... dites que vous no méconnaissez pas!... dis que lu hésites... je vous en supplie!... (S'agenouillant ) A deux genoux ! à mains jointes!... { Ils s’élm<inmt de Leturques.) Vous ne dites rien! (Si rtfeoiinf.) Mon Dieu! mon Dieu! je deviens foui... [Il tomèt anéanti sur un fauteuil.)
(MtTBRfrTOR.
Cet homme est un monstre ou un martyr... Mais non, le doute n’est plus permis!... (A un brigadier.) Emmenez les témoins chez moi. où je recevrai leur déposition. El que l’on reconduise les accusés à la Force, séparément... Choppard, d’abord, puis Courriol. ( Chftppari et Courriol sont emmenés par la gendarmerie. .4 Didier, voyant Julie prêle à se trouver mal.) Emmenez la , Didier. (Didier emmène Julie, qui peut à peu u ss tenir.)
LtscRoi rs, voyant partir sa fille.
Ma lûtes-, mon enfant!-..
iulii, st détournant
Héla»
tesunoou.
Elle s’éloigne! .. Ma fille ne m’a pas embrassé!.. (Sid&eurnant vers Jérôme.) Mon père !.. vous, du moins !...
jZrome, à Daubmton.
Permettez-vous, Monsieur, que je dise un mol à mon fils., on seul... un dernier mol P...
dacicrton, à Jérôme.
Dans dix minutes, on va venir chercher Losurques pour U ramener en prison .. Vous avez dix minutes. (4u èriçadtrr.) Laissez- les seuls, mais veillez nu dehors. (A Leturques.) j’ai fait mon devoir d’ami et d’honnéte homme... Désormais, vous ne trouverez plus en moi que le magistrat!... Adieu. {Il sort.)
ftCÈ.NE vm.