JÉROME, LESURQUES
LBSUROOM.
Vous seul, mon Dieu, vous savez ce que j’ai Ihit pour mériter le châtiment dont vous me frappez! Mon Dieu ! parfois l'homme heureux vous oublie, hélas! que votre main est pesante à courber sous votre souvenir ceux qui vous avaient oublié! Ma fille a détourné ses regards de moi !... ma fille me croit coupable !...
/ZnoMi, allant à «on fils.
Nous n'avons pas de temps à perdre, écoutez-moi!... lrscrodu, avec joie.
Ab! mon père me reste ! mon père ne doutera pas de moi !...
jZromr.
Gardez ces déclamations pour ceux qui ont un témoignage ou un arrêt à prononcer contre vous, avec moi l’hypouisre est inutile.
UMTIQUtS.
L’hypocrisie !...
rittoMt.
Oui, je ne suis ni un juré, ni un juge, ni un pilier de tribunal, moi. .. Personne n'est là pour vous entendre... vous savez bien que de vous à moi les belles phrases sont perdues.
LtSURQUia.
Je ne vous comprends pas !. .
jéROMB.
Laissez donc!... Est-ce que vous avez peur que j’aille me joindre à tous ces gens qui vous reconnaissent et qui proclament votre crimePest-cc qu un père, le malheureux père d un misérable tel que vous, s’en va crier : Mon fils est un assassin?...
UBfORQUE*.
Mais, vous êtes pour moi plus cruel, plus acharné que tout le monde... vous, mon père !... Vous m’outragez comme n'a pas osé le faire un seul des étrangers qu'on a entend is!...
Ém>
C’est qu'ils ne vous ont vu que sur une route, galopant à cheval, ou assis tranquillement à une table, le verre en main, nu lieu do vous voir menaçant, ivre, sanglant, le poignard d’une main, le pistolet do l’autre ...
Il— Q—
Moi !...
résous.
C’est qu’ils ne vous ont pas surpris courbé sur une de vos victimes, haletant, rugissant.altéré de meurtre, altéré d’or ir nichant à un cadavre le dernier lambeau du sa dépouillo et de sa vie !
utoatuis:
Moi !...
sétons.
C’est que pas un de ces témoin» n’est votre père, votre père qui accourait aux cris de3 malheureux égorgés... C est que pas un de ces témoins ne vous à saisi comme je l’ai fait, croyant saisir un malfaiteur ; c’est que nas un de ces témoins, n’a reçu votre dernier coup de pistolet dans Tépaule comme moi, qui vous ai vu à la fois voleur, assassin, parricide l. M
use aoûts.
Moi ! moi !.. moi !...
léaoMS, avec fores.
Je t’ai vu !
LCSUBfCS», û6atlu.
Mon pere, c’est du délire, mon père rappelez votre raison... Que d'autres le supposent, ils ne me connais* ni pas ! mais... prenez garde à ce que vous dites là, mon père... on vous croirait, mon Dieu !on vous croirait!-. Moi sur une grande route les armes à la imuu... moi l'auteur d'un lâche guet -àpensL.
ziaoais.
Je t’ai vu !...
I ttswoDM, hors de lui et mdigni.
Après trente ans d’une probité qui ne s'est jamais démentie, quand je n’ai pas une tache sur ma vie, quand je suis ne**# d’une fortune acquise noblement, quand ce vol, quand v©
LE COLllHILn DE LYON.
ÏSÏim™™" 0 f™™ 1 r î en «j°“ ler * n» richesse, j'aurais mes ^*. aln . ! S dan1! 10 sang; j aurais, surpris par ynus
soutenu rog regards;! aurais levé sur vous une arme i'auraià
lï° r mon ? ère f I 1 " i c P° r L»is la vie et l'honneur! Vous innocenTi" que ces ‘ ira P M5 '™' vous ï0 )« Lien que je »uU
. JÉflOME.
ic l ai vu ! El maintenant assez de mensonge assez de fai-
be^so ! «Mlle tenu de l’inslrucUon, j’airtTsé^ réwndre
aux Juges, j ai laissé planer des soupçons sur moi ; jaî fuirort qn °n me crpt votre complice, on a été sur le point de m'arrfr-
r.nm, U^I* 'l®? dltt 1 81 ' , "*' S8 *«Ui le UKHïde VOUS a «- K™ r? 1 ','L Cr , UnC V fsl “î' éré ' °' rUin ' inécusable!... Tou à m l.nïna.Ts " 4 ’°ï 1 ! 1 u,m< ' r un * dernière épreuve, ce SmSdSTi^ n-SSy?’ ‘ douli “ l «>“"*. lui I... mot je n'avais SKiïi ; n ttoporte, me suis-je dit... s’il arrivait que Dieu prit pitié de moi) honneur et de celui de ma famille. «Il enf-
Z ,‘ l 't c ri ?„ crimfn ? 1 éch " ,p4 ‘ ,UJ l0i8 ' “ Æ nue « îS
nous serions sauvés; mon nom resterait pur! m suis venu ici
tfmnTnv' 0 SÎ pu Toir ' / ** entemlu, j'ai écouté les nouveaux
témoins . ils ont prononce votre arrêt L . .
ibl iViiO.
Mon Dieu I mon Dieu 1...
JEEOilL .
L'infamie du crime, l'infamie du jugement, deshommes, vous les avt» infligées 4 votre père et A sa latmlle; rien ne vous lavera désormais... ( Une demi-heure «onne.} Il en reste une que tous pouvez nous épargner... l’infamie de l'échafaud...
I4WIQ0I».
L'échafaud !...
jtaoiiB, <U plus en plus abattu.
Ne m’inlcrrompez pas, nous n’avons plus que trois minutes. Je ne veux pas qu’un Lesurques meure sur l'échafaud. Je ne le veux pas... vous m'entendez ?... Tenez... (// lui dorme un pistolet.)
LZSCRQUEI, regardant U pistolet.
Oh ! mon père !...
jf.noxH.
Prends donc, hésites-tu parce que ce n’est pas lo même pistolet qiu t’a seryi A me briser l'épaule î
LUDHQL'ts, sanix-anl le pistolet.
Eh bien ! soit ! la mort : aussi bien ce n'est pas vivre, que de souffrir comme je souffre !... Adieu, mou pere, moo bon père!.. ( U embrasse la main de sonpv.e rt (art un pa» pour sortir )
jiaoxE, fausse sortie.
Adieu I...
'I.escrquks jetant le pistolet.
Mais non !... Non !... Je ne mourrai pas!... je ne peux pas mourir !
itaon, allant a lui.
Tu ne le peux pas, malheureux!..
LXSür.Qi'ES, avec font.
Non, parce que ma mort, quand tout m’accuse, ferait l'aveu d un crime ei que je n’ai pas commis de crime... parce que mon honneur c'est celuide ma fille et le vOtre et que je dois employer ma vie A le défendre... Oh ! vos regarde oe me font pus peur... je ne mourrai pas avant d'Aire justifié !...
Jtaoai.
Mais tu préfères donc l'échafaud?
UtMmovaS.
Qu'importe, si J’y monte innocent!
j faon.
Mais mot... je sais que tu es coupable...
ussafttflts. -
r.cpélcz-moi ces parole? quand mes juges m’auronfabsous, et rendez-moi alors ce* pistolet; vous verrez si je liens à la vio ...
jfnOMi, i*i or j de fui.
Tu as peur !... tu as peur !...
lucsocm, avec force.
J'avais seize ans, mon père, quand mon régiment marcha aux anglais, vingt hommes furent tués autour de moi; nion cœur battu moins vite qu’en ce moment.
JÉJlOMt.
Je Le dis que tu refuses parce que tu es un lâche...