SCÈNE Vlll
Close dans mon ménage et végétant sans bruit, J’essaîrai d’oublier votre oubli ! Mais la nuit,
Mes rêves parleront ainsi que tu me parles.
Et puis, que j’aie un fils,* il s’appellera Charles !..
Et...
DUFRESNY
Je t’épouserai moi, je t’épouserai !
ANGÉLIQUE, avec explosion.
Vous !
DUFRESNY, tris-vivement.
Mon cousin crîra ; mais je glorifierai.
Dans des noëls tournés d’une verte manière.
Le goût de notre aïeul pour une jardinière !
Nous n’aurons pas de place au gala de la cour,
Mais l’amour vaut un trône et nous avons l’amour !
Ah ! vous extravaguez ou c’est moi qui délire !
DUFRESNY
Quel prodige est-ce donc qu’un vieux porteur de lyre. Sans amis, ait horreur de l’éternel exil ,
Et que le noir janvier veuille épouser avril ?
ANGÉLIQUE
Mais songez-vous ?..
DUFRESNY
Je songe, ô ma gaîté conquise, Que si j’étais marquis, je vous ferais marquise ! D’ailleurs, si les jaloux font trop de brouhaha,
Fille de Pharaon, et toi, Nausicaa,
Princesse dont Ulysse admira la lessive,
Nobles garants, contre eux vous prendrez l’offensive !
ANGÉLIQUE
Comme vous m’enchantez par ces beaux sentiments !
DUFRESNY
Tant mieux, ma foi! Pourtant, en dehors des romans, A ton futur, dis-moi, pour ton gîte et tes vivres.
Tu n’offrais pas de dot ?
ANGÉLIQUE
Mais si, douze cents livres.
Douze cents! un Pactole, où paisibles rentiers,
Nous puiserons tous deux le bonheur par quartiers, Et...