‹ Le cousin du roi comédie en un acte, en versChapitre 6 sur 32 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Soit que vous redoutiez de fâcheux tintamarres,

Soit qu’après un effort votre ardeur fût à bout,

Vous avez, que je crois, fait une pièce en tout.

DESMARRES

Eh! pour être amoureux, faut-il aimer vingt femmes? Une épreuve suffit pour distinguer les âmes ;

César n’a pas franchi vingt fois le Huhicori,

Et j’ai brisé ma plume après Merlin-Dragon!

C'est un vilain orgueil.

DESMARRES

Non, c’est de la sagesse.

J’aurais incessamment refait la même pièce;

Je me tais, mon mot dit, et vais me lamentant Sur le sort des bavards qui n’en font pas autant.

ANGÉLIQUE

Si monsieur. Dufresny croyait ces beaux oracles, Comme on s’attristerait. Monsieur, dans les spectacles !

DESMARRES

Il en serait moins las, et plus gai!

ANGÉLIQUE

N’est-ce rien

Que réjouir autour de soi les gens de bien,

Grands et petits? Tenez, moi, j’ai vu sa Coquette De village, et j'ai ri, j’ai ri !.. ,

Que j'envie !

DESMARRES

Douce conquête

ANGÉLIQUE

Il connaît tout ce que nous pensons!

Mieux qu’un prédicateur il donné des leçons :

11 voit nos cœurs, ou bien alors, c’est qu’il devine! N’est-ce pas?

DESMARRES

N’est-ce pas, ipa mie? Elle est divine !

Tu parles de ma muse avec bien peu d’égards.

Moi j’aime à voir briller ce feu dans tes regards ! Peste! le Dufresny s’enflerait à t’entendre!

Lui!

ANGÉLIQUE, rivement.

Arec tristesse.

Vous raillez !

DESMARRES

Non pas. L’éloge était fort tendre...

Pour lui, du moins; j’aurais vqnlu qu'il fût ici.

Se ravisant.

Au fait, non.

La lutinant.

Mon cher cœur !

ANGÉLIQUE, entendant venir Dufresny.

C’est son pas... le voici.

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