SCÈNE XXI
TOINETTE, NEUBOURCx, PAULINE, AMÉLIE, FRÉDÉRIC.
TOINETTE, accourant à droite. M. le comte... la personne est là... Mais elle est comme la fdle à Jean-le-Sec , elle n'ose pas avancer.
PAULIKE , entrant et se jetant dans les bras d'Amélie. Ma bonne sœur ,. . . tu ne m'en veux pas ?
AMÉLIE
Ne parlons plus de cela.
Quoi ! mon aimable cousine c'est à vous...
AMÉLIE
Oui , monsieur, voilà celle dont l'esprit vous faisait tourner la tète , et à laquelle vous juriez de consacrer votre existence.
Permettez-moi de reprendre une correspondance dont l'honneur seul m'engageait à me séparer. AMÉLIE , à Pauline et bas.
Tu vois bien qu'il ne se serait pas tué. (Elle remet ks Ici-
1res à son mari.) Nous VOUS les vciidioiis un dv. ces jours, (A Pauline.) Qu'en dis-tu ?. . .
PAULINE
C'est à ton tour à répondre pour moi.
NEUBOURG
C'est moi qui me charge d'arranger tout cela. ( Montrant les deux paquets de lettres.) J'ai toute la correspondance sur moi.
TOINETTE
A la bonne lieure... Cela s'est mieux passé que chez le voisin Guilloteau.
Air : Vaudeville de Julien.
On voit souvent les nations Dans des affaires délicates , Pour appaiser les passions, S'expédier leurs diplomates.
Commencent alors les débats , De politesse on fait échange ; Le congrès fait ses trois repas, Puis les peuples vont aux combats :
C'est en s'expliquant qu'on s'arrange.
AMÉLIE
Grâce à leurs dieux encor nouveaux , Les jeunes auteurs romantiques Comptent déjà sous leurs drapeaux La moitié des troupes classiques ^ Pour un entier rapprochement Marchez encor, jeune phalange, Mais surtout, parlez clairement :
Oui , messieurs , parlez clairement , C'est en s'expliquant qu'on s'arrange.
WEUBOURG.
Vous qui défendez à la fois T/a liberté , la monarchie , Confondez vos vctux et vos voi.v Pour le bonheur de la patrie.
l.e repos qui nous est promis Naîtra de ce double mélange ; Quand c'est pour le l)ien du pays Cliacun doit donner son avis :
C'est en s'expliquant qu'on s'arrange.
TOINETTE
C'est comm' Lucas, l'beau-frère à Jean, Qui pour un rien vous prend la mouche, Dès qu'il voit rôder un galant , y II croit toujours qu'il y a du louche :
^^j!^. Ma femme , il faut m'expliquer c'ia ;
Sa femme , à qui la main démange , S'approch" , et puis fallait voir ça , Un' giff' par ci , deux claqu's par là : C'est en s'expliquant qu'on s'arrange.
PAULINE, au public.
Combien de chutes , de succès.
Auxquels on ne peut rien comprendre j Que d'ouvrages, bons et mauvais, Sont tombés faute de s'entendre.
Que pensez-vous du nôtre , enfin ?
» S'il est peu digne de louange ,
Tous , votre billet a la main , Revenez-en causer demain :
C'est en s'expliquant qu'on s'arrange.