‹ Le cousin Frédéric, ou, La correspondanceChapitre 9 sur 21 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

FRÉDÉRIC, seul.

Me voici donc chez ma femme... Ma femme! ce mot vous donne tout de suite un air respectable ; ya vaut dix ans de service pour la dignité I... Cette chère Amélie !... en la regardant, ce matin, il me semblait retrouver sur sa figure toutes les phrases de sa correspondance; que d'esprit !... que de délicatesse! et surtout que d'exactitude!... Une lettre tous les mois , comme les inspections ; mais ce

qui m'a surtout frappé, c'est la gentillesse de Pauline

Comme elle est embellie I Décidément j'ai deux cousines charmantes.

AIR : Je vous revois, séjour de mon enfance. A retrouver Pauline si touchante Mon cœur jamais ne se fut attendu ; Mais Amélie est toujours séduisante , L'une a gagné , l'autre n'a rien perdu : En respectant l'une et l'autre cousine , Le temps , à qui rien ne peut résister , Marche à grands pas pour la jeune Pauline , Et pour sa sœur il semble s'arrêter.

(On sonne.) Ah! ah! on sonne à la petite porte; en ma qualité de futur propriétaire, allons ouvrir.

(Il ouvre la porte du fond.)

Page 1