SCÈNE VIII Les Mêmes, BRUNNER
BRUNNER, entrant.
Oh!., mais, mon cher Pons, votre collection est tout simplement merveilleuse! (Apercevant les dames.) Ah!., mille pardons, mesdames!..
MADAME DE MARYILLE.
Monsieur!,..
PONS
Belle cousine, voulez- vous bien me permettre de vous présenter monsieur Georges Brùnner, un de mes bons amis, un homme tout à fait exceptionnel, qui se permet d'être un véritable artiste, comme s'il n'était pas quatre ou cinq fois millionnaire !
MADAME DE MARYILLE, rendant le salut de Brùnner.
Monsieur !...
PONS, à Cécile qu'il ramène.
Et vous, chère petite cousinette, me permettrez-vous de
VOUS présenter mon ami Brùnner ? (Cécile rend le salut de Brùnner
— à Brùnner.) Mademoiselle Cécile de Marville, mon cher ami, ma petite cousine qui, comme vous, prend des licences... car elle est aussi charmante que spirituelle, et jolie comme si ce n'était pas assez d'être une héritière de plus d'un million !...
BRUNNER, galamment .
Ah ! mademoiselle, vous avez toutes les richesses !...
CÉCILE
Monsieur !.. . (a part.) Il est charmant !...
MADAME DE MARYILLE.
Vous aimiriezje crois, monsieur, les œuvres d'art de notre cousin Pons !..
BRUINER
Oui, madame, et je ne suis pas revenu encore de mon ébahissement!. .
PONS, bonhomme,
Oh ! oh !.. quelques pauvres petites curiosités !..
BRUNNER
Dites donc un musée complet. Les raretés de la peinture, les merveilles des bronzes florentins, des émaux, des cadres de tous les pays, des vitraux !...
MADAME DE MARVILLE
Vous êtes enthousiaste, monsieur !...
Oh ! madame, comment ne le serait-on pas à la vue de tant de chefs-d'œuvre... tous ces rayons tombés des grandes intelligences de cinq ou six siècles, réunis en un seul faisceau, mais cela vous éblouit, vous transporte!... Ah! mon cher Pons, comme votre vie doit être belle au milieu de toutes ces pages sublimesque votre amour de l'art a arrachées à la destruction et au vandalisme!., vous comprenez, madame, les joies que l'on doit ressentir lorsqu'en ouvrant ses yeux à la lumière on est salué par tous ces enfants d'adoption qu'on a pris dans quelque fumeuse boutique de ferrailleur, noircis, dégradés, abandonnés . et auxquels on a rendu la jeunesse et 1 éclat !.. Il semble que les ombres des colosses qui ont enfanté ces merveilles sont près de vous et vous chantent un hymne de reconnaissance!., ah! oui," madame, cela est une grande, une immense joie !..
CÉCILE
Monsieur, vous êtes un poète !..
Eo ce moment madame Cibot entre doucement et se glisse du côté de la fenêtre pour écouter.
BRUNNER
Si vous entendez par poète un admirateur du beau, oui, mademoiselle, oui, je le suis!.. Et si je suis poète vis-à-vis des œuvres des hommes, à plus forte raison le suis-je devant les œuvres de Dieu !
Il regarde Cécile.
CÉCILE, troublée, elle passe près de sa mère. — Bas à sa mère.
Oh ! maman, c'est un Werther !.. je serai la plus heureuse des femmes !..
BRUNNER
Enfin, mon cher Pons, si vous vouliez vendre votre collée-