‹ Le cousin PonsChapitre 56 sur 123 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FRAISIER

C'est une bataille que cette entreprise.. . et vous irez plus loin que vous ne pensez!.. On se grise de son idée, on tape dur!...

LA CIBOT

Oh!

FRAISIER, lui tapant sur l'épaule.

Allons, maman, vous êtes ici à confesse... ne trompez pas votre confesseur, surtout quand ce confesseur a le pouvoir de lire dans votre cœur!,..

LA CIBOT, après un moment de silence.

Vous dites donc, mon bon monsieur Fraisier, qu'en vous laissant faire, j'aurais quelque chose, sans rien craindre?. .

FRAISIER

Je vous garantis trente mille francs, à la condition que vous me fournirez les moyens de voir le testament !..

LA CIBOT

Enfin, (pleurant.) Peut-être alors que je ne m'entendrai plus dire qu'on peut me jeter dans un cachot comme une criminelle !..

Remonencq rentre et écoute. — Fraisier l'aperçoit. FRAISIER, à part.

Ah ! l'homme du docteur !.. (Haut.) Eh ! mon Dieu ! voulezvous savoir comment vous pourriez être jugée et condamnée?

Regardant attentivement Remonencq qui fuit son regard.) Votre mari est

mort !.. je suppose... monsieur Pons se meurt... on vous espionne... vous obtenez d'être mise sur le testament de monsieur Pons... c'est parfait!.. Un beau jour la justice arrive... Elle a beau jeu, il y a là deux cadavres...

REMONEXCQ, avec violence, après un moment d'agitation fébrile.

Bon, bon, c'est pour effrayer cette femme, n'est-ce pas?.. Pourquoi donc qu'on irait arrêter des gens qui sont innocents comme l'enfant à la mamelle ?

FRAISIER, l'examinant froidement.

Eh ! mon Dieu ! la justice est comme la médecine, elle a ses victimes !... Je connais le danger !..

LA CIBOT, vivement, et bas à Fraisier.

Je serai tout à vous !... (voyant entrer Schmucke.) Eh! pauvre cher chérubin de monsieur Schmucke, comme vous avez l'air affligé!..

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