SCÈNE X
LA CIBOT, seule, puis REMONENCQ.
LA CIBOT
Allons, allons, ma journée n'est pas perdue !.,. et c'est la Providence qui n'a envoyé n'ici cette petite chipie d'Olga !.. Tout ça pourrait bien changer les dispositions de monsieur Pons ! Quand il verra que ce sont ses deux amis qui ont pris sous leur bonnet de vendre ces bibelots qu'il aime autant, au moins, que la vie, il est dans le cas de les mettre à la porte comme des voleurs et des assassins !... et c'est bien la première chose que je lui dirai d'abord... Est-il canaille, ce vieux Schmucke, avec ses airs de sainte-n'y-touche !... Disposer comme cela du bien de ses amis !... Ah ! fiez-vous donc n'aux amis !... Tous crapules, comme disait cet ancien acteur !
REMONENCQ, entrant avec des tableaux chargés sur un crochet.
Ça y est !... ça à pas été facile !,.. Enfin, voilà !... Ah ! la Cibot, vous êtes une gaillarde, vous !... Elie Magus, vous et moi... il ne nous faudrait pas beaucoup de journées comme celle-là pour nous retirer du commerce !...
Fausse sortie.
LA CIBOT, l'arrêtant et tendant la main.
L'argent !
REMONENCQ, cherchant dans son portefeuille.
Ah! ça!... promis... du... entre honnêtes gens!... voilà vos quarante-trois mille francs !
Il sort.
LA CIBOT, prenant les billets avec avidité.
Oh ! la belle monnaie! et dire que j'aurais été assez bête pour laisser cela à des héritiers ! ... Oh ! les jolis petits billets !
Elle les embrasse. — An moment de son plus grand enthousiasme, Fraisier entre à pas de loup, contemple cette scène, et arrive derrière la Cibot.