SCÈNE XI
LA CIBOT, FRAISIER, puis LE DOCTEUR POULAIN.
FRAISIER, tapant sur l'épaule de la Cibot qui pousse un cri.
Je vous le disais bien, la petite mère, que vous iriez bien loin !
LA CIBOT
Ah : monsieur Fraisier !...
Tous ces beaux billets de banque sont à vous ?
LA CIBOT
Mais certainement !... (Balbutiant.) On a son aisance !... c'est connu !...
FRAISIER
Et quels sont donc ces tableaux qu'emporte votre voisin, que je viens de rencontrer là?
LA CIBOT
Mais... mais... Ah! dame, il est marchand de curiosités,
lui, et... (Cherchant.) et dame, VOUS Concevez... (Trouvant. — Avec
volubilité.) lia un bout de magasin ici, dans la cour... Il est bien libre de déménager ses bibelots, si ça lui plaît...
FRAISIER
Ah! ah!... Voyons, madame Cibot, passons l'éponge làdessus; je ne chercherai pas plus avant!... ce serait peutêtre trop dangereux pour vous !... Ne tremblez pas !... mais pour Dieu, ne me trompez plus, et soyez à mes ordres !
LA CIBOT, humblement.
Toute à votre service, monsieur Fraisier...
FRAISIER
J'ai réfléchi que nous ne pouvons marcher en sûreté en nous appuyant sur des appréciations douteuses de ces tableaux et de ces curiosités. J'ai besoin de savoir à quoi m'en tenir, et d'avoir là-dessus un jugement d'expert.
LA CIBOT
Eh bien... Elie Magus...
Elie Magus, soit! donc, vous* allez l'envoyer chercher et vous arranger de manière que je puisse visiter, avec lui, les appartements !... c'est entendu ?
LA CIBOT
Je vais l'envoyer chercher tout de suite par le voisin Remonencq.
POULAIN, entrant.
Eh bien, et notre malade?...
LA CIBOT
Toujours dans le même état... Voyez-le donc, monsieur le docteur !
POULAIN, entrant clans la chambre de droite.
Pardon, Fraisier !...
MADAME CIBOT
Avez-vous besoin de moi?...
POULAIN
Non!...