ACTE QUATRIÈME
PONS
Merci, Brunner !... merci !... Vous êtes bien l'homme que j'avais deviné !... Et toi, Olga, voyons, mon enfant! est-ce que tu ne l'aimes pas, ce brave cœur qui te sera si dévoué!...
OLGA, se cachant la tête dans ses mains.
Oh ! si, si; mais, mon Dieu, c'est un rêve !...
PONS
Àh ! mes bons petits enfants, je le savais bien, moii... Voyez-vous, quand on compte par minute ce qui vous sépare de la mort, on s'approche de Dieu, et les mystères de l'avenir s'illuminent !... et je me disais alors que si, avant de mourir, je pouvais unir vos mains, puisque vos cœurs s'appelaient, je serais bien heureux!...
BRUNNER
Et... vous consentez, mademoiselle?.. Olga, au nom de Dieu qui nous entend, m'aimez-vous assez pour unir votre vie à la mienne?
OLGA
Je... je vous aime...
Brunner lui baise les mains.
PONS, se levant et s'appuyant sur Brunner et Olga.
Oh!... merci, merci!... Tenez, vous me donnez une vie nouvelle... je suis dans le cas de signer à votre contrat !...
OLGA
Oui, oui !...
PONS, se sentant pris d'une violente douleur, porte la main à sa poitrine.
Ah! je crois que je me suis trop avancé !... Dieu ne le veut pas ! je me soumets !
Il tombe sur la chaise longue. Olga est à ses pieds. BRUNNER.
Nous vous arracherons à la mort, Pons !... Croyez-vous donc qu'entouré comme vous l'êtes, par Schmucke, m demoiselle, moi, madame Cibot...
PONS
Oh ! mes amis, ne parlons pas de celle-là !... j'aide tristes idées sur son compte, depuis ma maladie ! ou je me trompe fort... et je le désire, ou cette femme n'est qu'une horrible mégère qui ne cherche qu'à exploiter ma mort... Et... tenez, Brunner, rendez-moi un serrice ! connaissez-vous un notaire dans lequel vous ayez toute confiance ?
BRUNNER
Certainement !... mon ami Hennequin... la probité en personne !
PONS
Eh bien ! allez le chercher, et amenez-le-moi dans une
heure; vous tâcherez qu'il entre ici incognito ; voyez-vous,
j'ai quelques dispositions à prendre, et depuis longtemps, madame Cibot me souffle un nom de notaire ... je ne vois pas bien clair dans tout cela... mais cette insistance me semble louche !...
Je vais le chercher immédiatement !...
11 se dispose à sortir.
OLGA
Mon bon monsieur Pons, voulez-vous que nous vous conduisions à votre lit?..
Oui... voulez-vous?...
PONS
Non, mes enfants, je vais me reposer un peu ici en attendant!... Va, ma petite Olga, je n'ai pas besoin de toi !.. bru n x e r .
Dans une heure, je serai ici !... n sort à gauche.
PONS
Je sens que le sommeil me vient !.. je vais bien reposer... j'ai le cœur si content!.. Ah! ma petite Olga, vas-îu être heureuse!...
OLGA
Oh ! oui ! et vous serez témoin de mon bonheur !.. et vous le partagerez avec nous!..
Oui!., peut-être !.. tiens, je ne souffre pas... et le bon sommeil!., va te reposer, Olga ! Sctmucke va... arriver... ce bon... Schmucke.
Il s'endort.
OLGA, le regardant.
Mon Dieu!., mon Dieu !.. protégez son sommeil!..
Elle baisse la lampe, embrase Pons sur le front, et sort sur la pointe du pied. — Demi-nuit.