‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 116 sur 200 · I. Mémoires ntr les prisons, t. Il · texte numérisé non relu

I. Mémoires ntr les prisons, t. Il

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Le plus grand nombre de ceux qui y séjournaient encore fut mis en liberté; les autres furent transférés dan> les prisons régulières.

Ici devrait se terminer ce chapitre si nous n'avions à cœur de rectifier les nombreuses erreurs qui se sonl <.rli<-ées dans une publication récente, les Mémoires de madame Elliott. Dans ces prétendus mémoires il est fort question du séjour qu'elle aurait fait aux Carmes comme prisonnière, et une foule de détails plus ou moins piquants sont racontés sur certains détenus qui se seraient trouvés avec elle. Or un premier point qui nous paraît constant, c'est que non-seulement madame Elliott n'a jamais été aux Carmes, mais que son nom ne figure même sur aucun des registres d'écrou des autres prisons. Nous avons fait, à cet égard, les recherches les plus minutieuses aux Archives de la préfecture de police, et elles sont demeurées sans résultat; mais en admettant qu'elle eût été incarcérée aux Carmes, les épisodes qu'elle raconte n'en seraient pas moins entachés d'inexactitude. Ainsi, pour n'en donner que quelques exemples, elle prétend qu'elle est entrée aux Carmes en même temps que le général Hoche, avec lequel elle aurait fait la conversation au greffe, et que plusieurs jours après, on aurait amené M. de Beauharnais parmi les prisonniers. Or, le général Hoche a été arrêté le 11 avril J 794 et conduit de suite à la maison des Carmes, où se trouvait déjà le vicomte de Beauharnais depuis plus d'un mois (2 mars 1794). Il n'a donc pas dû a>sister à l'arrivée

de ci? dernier. Quant à Joséphine de Beauharnais, elle vint aux Carmes le 21 avril, c'est-à-dire dix jours après le général Hoche, et cependant madame Elliott prétend qu'en entrant dans la prison, elle y a rencontré entre autres personnes madame la duchesse d'Aiguillon, madame de Lamotte (il faut lire de Lameth) et madame de Beauharnais.

Plus loin elle dit que le jour même de l'entrée de M. de Beauharnais à la prison des Carmes, M. de Custine fils a été condamné à mort et exécuté. C'est là encore une erreur ; Custine fils est monté sur l'échafaud le 14 nivôse an u (3 janvier 1794), et le vicomte de Beauharnais n'a été arrêté, comme on vient de le voir plus haut, que deux mois après.

Mais ce qu'il y a de plus singulier, c'est que madame Elliott dit avoir assisté, dans la prison des Carmes, aux adieux faits par Custine fils à sa femme, et elle ajoute uqu'elle n'a jamais vu une scène plus déchirante que le moment de la séparation de ce jeune couple. » Or Custine fils n'a jamais été aux Carmes ; il fut arrêté en son domicile, rue de Lille, le 28 juillet 1703, conduit le même jour à la prison de la Force, transféré de cette maison à la Conciergerie, le 12 nivôse an u, et de la Conciergerie à l'échafaud deux jours après; et d'un autre côté, ce n'est que deux mois après sa mort que Delphine Sabran, sa femme, a été incarcërée elle-même, ainsi qu'on l'a vu par l'ordre d'arrestation qui la désigne sous le nom de veuve Custine. Donc elle ne s'est point trouvée en prison en même

temps que son mari, et les seuls adieux que ce dernier lui ait faits sont consignés dans la lettre que nous avons reproduite plus haut.

Enfin, en parlant de Santerre, madame Elliott dit qu'il a été mis en liberté avant la mort de Robespierre. Le récit de Coittant et les registres d'écrou de la maison des Carmes lui donnent à cet égard le démenti le plus formel. Santerre a été relâché le 10 thermidor au matin. A ce moment la chute de Robespierre était consommée '.

Ces erreurs, commises à chaque page, à propos de faits que l'oubli n'atteint jamais chez ceux qui en ont été témoins, nous font considérer les Mémoires de madame Elliott comme apocryphes, et nous sommes disposé à ne voir en eux qu'une spéculation hardie de quelque éditeur anglais qui, récoltant de côté et d'autre certains détails sur les prisons de Paris, a voulu stimuler davantage l'appétit du public en les présentant, comme sortis de la plume d'une femme dont le nom seul piquait la curiosité.

1. L'arrêté des comités de salut public et de sûreté générale qui ordonne son élargissement est daté du 10 thermidor; il est ainsi conçu :

« Le général Santerre (arrêté depuis quelques mois), détenu aux Carmes, sera mis sur-le-champ en liberté et les scellés levés chez lui. « Signé : Elik Lacoste, Amar. Pidarran, Louis, Bayle,

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