‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 13 sur 200 · LE DISTRICT DBS CARMES · texte numérisé non relu

LE DISTRICT DBS CARMES

prêtres seulement renoncèrent à la vie commune '.

L'ait. 26 du même décret portait encore que les religieux qui auraient préféré la vie commune nommeraient entre eux au scrutin et «à la pluralité absolue des suffrages, dans une assemblée qui serait présidée par un officier municipal et qui se tiendrait prochainement, un supérieur et un économe dont les fonctions ne dureraient que deux années, mais qui pourraient y être continués tant qu'il plairait à la communauté.

En effet, le 24 mars 1791 , le corps municipal de Paris décida que M. Leroux, officier municipal, assisté de MM. Lohier, Housset et Blandin, membres du Conseil général de la Commune, se transporteraient au couvent des Carmes-Déchaussés pour faire procéder en leur présence à l'élection d'un supérieur et d'un économe.

Quarante-six votants, dont vingt-neuf prêtres et le surplus frères-lais, se réunirent pour voter, et quarante-deux voix ayant été obtenues parle R. P. Pierre- Joseph GUlet de Bassonville, en religion Ambroise de Saint-Joseph, il fut nommé supérieur.

Toutefois, il ne s'agissait plus là que de la direction spirituelle du couvent. Quant à l'administration temporelle, elle était passée tout entière entre les mains de l'autorité, qui avait mis sous séquestre tout ce qui appartenait aux communautés.

C'est ainsi qu'au mois de juin 1791 les Carmes

1. L'élat où se trouvent consignées ces déclarations existe aux Archives de l'hôtel de ville de Paris.

adressaient au directoire du département une requête pour qu'on leur abandonnât les ustensiles servant à faire Veau de mélisse, qu'Us avaient compris dans la déclaration de leurs biens faite à la municipalité le 27 janvier 1790; voulant, disaient-ils, être « à même de continuer la fabrication de cette eau et de se rendre utiles au public. »

En réponse à cette demande, le directoire prit l'arrêté suivant :

Le directoire :

Vu l'extrait de ladite déclaration, certifié conforme à l'original, portant la valeur des dits ustensiles et des ingrédients préparés pour la composition de cette eau à la somme de 59,809 livres 17 sols;

Considérant qu'aux termes de l'art. S de la loi du li octobre dernier, les religieux ne pement disposer que des effets qu'ils prouveront avoir été à leur usage exclusif et personnel.

Arrête qu'il n'y a lieu d'accorder la remise demandée.

Paris, le 8 juin 1791 C

Cependant , trois jours plus tard , le directoire consentit à céder tous ces ustensiles aux mêmes religieux, moyennant 60,000 livres.

Ainsi les Révérends Pères se voyaient obligés de racheter ce qui naguère encore était leur propriété. Combien ils étaient loin alors des privilèges et brevets accordés par le roi les années précédentes!....

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