‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 139 sur 200 · PL II P · texte numérisé non relu

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la Chambre aux Epées

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LA CHAMBRE AUX ÉPÉES, Ml

part de la gêne qu'on éprouve à tracer des lettres sur un mur.

Enfin, ce qui est à mes yeux plus caractéristique encore, c'est que le mot Des Toumelles est précédé d'un C. Or Destuurnelles s'appelait Louis-Grégoire, et on ne comprendrait pas qu'il eût tracé avant son nom une initiale autre que celle de l'un de ses prénoms, à moins qu'on ne veuille voir dans ce C la première lettre du mot Citoyen.

Toutefois, pour être sincère, nous devons ajouter que le parafe qui accompagne cette signature offre une ressemblance frappante avec celui que l'ex-ministre avait adopté; et cette dernière considération nous empêche d'affirmer d'une manière absolue que Destournelles soit resté étranger à cette inscription ; aussi nous bornons-nous à exprimer sur ce point le doute qui s'est emparé de notre esprit.

La seconde inscription qu'on remarque dans cette chambre est située sur le mur du fond, en face de la fenêtre. Elle est écrite également au crayon, mais en caractères un peu plus grands que la précédente, et porte ce qui suit :

Oh liberté, quand cesseras-tu d'être un vain mot? Voilà 17 jours que nous sommes enfermés : on' nous dit que nous sortirons demain; mais n'est-ce pas là un vain espoir?

Citoyenne Talï.ien.

Joséphine Ve Béai: harnais.

Daiguillon.

Ces trois noms mis au bas de l'inscription étaient

certainement de nature à commander le respect. Madame de Soyecourt l'a compris ainsi, et, pour éviter toute dégradation possible, elle fit recouvrir cette partie de la muraille d'un petit châssis vitré. On ne peut que lui savoir gré d'une telle attention ; mais ici encore nous avons à nous demander si ces trois signatures présentent un caractère d'authenticité incontestable.

Une première chose qui nous a frappé à la simple Leture de cette inscription, c'est que le mot enfermés est au masculin, ce qui contraste singulièrement avec le sexe des prétendues signataires et avec l'éducation qu'elles devaient avoir reçue ; mais peut-être était-ce là un lapsus calami. Quand on écrit sur une muraille et dans un pareil moment, une faute d'orthographe est bien excusable.

Prenons donc chaque signature en particulier, et examinons ce qu'elles peuvent avoir de véridique.

La première est celle de madame Tallien. Pour cellelà, nous n'éprouvons aucun embarras; elle est apocryphe. Il en est, en effet, de madame Tallien comme des girondins; elle n'a jamais mis les pieds dans la prison des Carmes.

Née en 1774, à Madrid, Thérésa Cabarrus avait épousé, à l'âge de quinze ans, M. de Fontenai, conseiller au parlement de Bordeaux. A l'époque de la Terreur, elle chercha à rentrer en Espagne; mais elle fut arrêtée et conduite devant Tallien, qui avait été envoyé en mission dans la Gironde. Frappé de la beauté de cette jeune femme, Tallien éprouva pour elle un

sentiment irrésistible et la fit mettre en liberté. Elle profita alors de l'ascendant qu'elle avait sur lui pour sauver plusieurs personnes vouées d'avance à la mort, et lorsque Tallien quitta Bordeaux, au commencement du mois de mars 1794, elle revint avec lui à Paris, et se retira à Fontenay-aux-Roses, dans une propriété appartenant à son mari. Cependant la conduite de Tallien durant son séjour dans la Gironde lui attira la colère de plusieurs conventionnels. On lui reprocha sa faiblesse, on l'accusa de modérantisme, et peu s'en fallut qu'il ne payât de sa tête les élans de générosité qu'on avait remarqués en lui. Robespierre alors, n'osant encore l'attaquer en face, voulut se venger sur celle qu'il soupçonnait avoir été l'instigatrice de cette générosité, et, le 3 prairial, il donna ordre au Comité de salut public de faire arrêter madame de Fontenai et tout ce qui serait avec elle1. Le Comité confia ce soin au général de brigade Boulanger. Celui-ci ayant appris que madame de Fontenai était partie pour Versailles, s'y rendit immédiatement, s'empara d'abord, dans la nuit du 1 1 au \2 prairial, de la femme de chambre, du domestique nommé Guill. Bidos, puis d'un jeune homme

1. Collot d'Herbois s'expliquant devant la Convention dans la séance du 6 germinal an ni, sur plusieurs ordres d'arrestation qu'il avait signés, ajoute :

« Quant au mandat d'arrêt décerné contre la citoyenne Cabarrus, il n'en est pas que Robespierre ait présenté avec des formes qui nous obligeassent davantage à le signer. 11 nous dit qu'elle était tille d'un comte espagnol, ministre d'Espagne, et née à Valence. Aucun de nous n'a signé par ressentiment, car nous ne la connaissions pas. »

[Moniteur du 9 germinal an m. — 29 mars 1795.)

320 LA CHAMBRE Al'X ÉPÉES.

nommé Guery, qui se trouvait dans la maison, et enfin de madame de Fontenai. Conduite immédiatement à la prison de la Force, cette dernière fut mise au secret dans un cachot où elle n'avait pour se reposer qu'un peu de paille qu'on ne changeait même pas. Quelque temps après, on se relâcha un peu de cette sévérité, et elle se trouva dans les mêmes conditions que les autres prisonnières. Une telle situation l'effraya, d'autant plus qu'elle n'ignorait pas le sort réservé à la plupart des détenus. Aussi, dans les premiers jours de thermidor, elle parvint à faire passer entre les mains de Tallien un petit billet ainsi conçu :

De la Force, le 7 thermidor.

Madame de Fontenai à M. Tallien.

L'administrateur de la police sort d'ici; il est venu m'annoncer que demain je monterai au tribunal, c'est-à-dire sur l'échafaud. Cela ressemble bien peu au rêve que j'ai l'ail ('•llf nuit : Robespierre n'existait plus et les prisons étaient ouvertes. Mais grâce à votre insigne lâcheté, il ne se trouvera bientôt plus personne en France capable de le réaliser.

Deux jours après, Tallien montait à la tribune de la Convention, et attaquant vigoureusement Robespierre, il s'écriait : « Je demandais tout à l'heure qu'on déchirât le voile. Je viens d'apercevoir avec plaisir qu'il l'est entièrement, que les conspirateurs sont démasqués, qu'ils seront bientôt anéantis, et que la liberté triomphera. (Vifs applaudissements.) Tout annonce que l'ennemi de la représentation nationale va tomber sous

LA CHAMBRE \V\ ÊPÉES. m\

ses coups. Nous donnons à notre République naissante une preuve de notre loyauté républicaine. Je me suis imposé jusqu'ici le silence, parce que je savais d'un homme qui approche le tyran de la France qu'il avait formé une liste de proscription. Je n'ai pas voulu récriminer; mais j'ai vu hier la séance des Jacobins; j'ai frémi pour la patrie; j'ai vu se former l'année du nouveau Cromwell, et je me suis armé d'un poignard pour lui percer le sein, si la Convention nationale n'avait pas le courage de le décréter d'accusation. (Vifs applaudissements.) »

La Convention eut ce courage, et l'on sait que Robespierre, se voyant à tout jamais perdu, se tira un coup de pistolet qui ne fît que lui briser la mâchoire; le lendemain, il portait sa tête toute mutilée sur cet échafaud où tant de victimes avaient été sacrifiées par son ordre.

Une fois Robespierre abattu, la première pensée de Tallien se tourna vers madame de Fontenai. Il obtint du Comité de sûreté générale l'ordre de la mettre en liberté, et le 12 thermidor (30 juillet 1774), la belle capti\e quittait la Force, où elle était restée soixante-dix jours. Peu de temps après, elle devenait la femme de son libérateur {.

1. A la séance du 11 nivôse de l'an m (31 décembre 1794), Duhem s'écria :

« 11 faut que le gouvernement, en maintenant la liberté de la presse, garantisse aussi la liberté des opinions; car tant que je verrai les aristocrates imposer silence aux patriotes et leur dire : « Si tu parles, je te « dénonce au Comité de sûreté générale, » je dirai que la terreur n'a

\i-l LA CHAMBRE AUX Kl' H B.

Pour nous bien convaincre du lieu où madame de Fontenai avait été incarcérée, nous avons consulté le registre d'écrou de la Force, et nous y avons trouvé, à la date du 3 prairial an n (22 mars 1794), la mention qui suit :

« Thérèse Cabarrus, femme Fontena] , âgée de vingt ans, native de Madrid, en Espagne, sans état, demeurant à Versailles, taille 4 pieds 11 pouces, cheveux et sourcils bruns, front ordinaire, yeux bruns, nez moyen, bouche petite, menton rond.

« Envoyée dans cette maison pour y être détenue au secret, en vertu de l'ordre du Comité de salut public, en date du 3 prairial. (Le mandat d'arrêt délivré par la section des Champs-Elysées.)

« Mise en liberté le 12 thermidor, l'an u de la République française, en vertu d'un ordre des citoyens Élie Lacoste, Louis du Bas-Rhin, Lavicomterie, Amar,

l'ait que changer de nom. (Violents murmures.) Les sans-culottes ne peuvent pas jouir de la liberté de la presse pour répondre à leurs nombreux calomniateurs; et nous qui n'avons pas les trésors de la Catwrrus, nous... (Grand bruit.) »

Tallien réclame avec force la parole...

« Il en coûte, dit-il, à un représentant du peuple d'entretenir de lui une grande assemblée. Depuis longtemps je me suis imposé silence, soit par mes discours, soit par mes écrits. J'ai fait à la patrie le sacrifice de mon amour-propre blessé; mais depuis quelques jours les calomnies les [dus atroces ont retenti dans cette enceinte. Je mets un terme à mon silence parce qu'il deviendrait un aveu tacite des horreurs qu'on fléverse sur un représentant du peuple. On a parlé dans cette assemblée d'une femme... Je n'aurais pas cru qu'elle dût occuper lea délibérations de la Convention nationale. On a parlé de la fille de Cabarrus. EL bien, je le déclare, au milieu de mes collègues, au milieu du peuple qui m'entend, cette femme est mon épouse. (On applaudit à plusieurs reprises.) » {Moniteur du 2 jnnvier 1795.)

Vadier, Vouland, Jagot, Dubarran, membres du Comité de sûreté générale. »

Il ne peut donc exister le moindre doute à cet égard, et pour nous, il est certain que madame Tallien n'a jamais été emprisonnée aux Carmes; mais à supposer même qu'elle y eût été, nous ne pourrions adi qu'elle eût sitMié : Citoyenne Tallien, puisque son mariage avec Tallien n'a eu lieu qu'après sa sortie de prison. C'eût été de sa part une légèreté et une inconséquence capables de les perdre tous deux à l'instant même; et certes madame Tallien avait trop d'esprit pour s'en rendre coupable '.

Passons maintenant à la signature de madame de Beauharnais.

Ici nous éprouvons un véritable embarras.

Si l'on compare cette signature avec celles que la future impératrice a tracées à la même époque, on voit que madame de Beauharnais laisse de côté son prénom de Joséphine, et qu'elle signe seulement Lapagerie Beauharnais. Et quand, plus tard, elle adopte le nom de Joséphine pour signature, la manière dont elle écrit ce nom ne ressemble en rien à celui qui figure sur les murs du couvent des Carmes.

De plus, si un rapproche cette signature Joséphine,

1. Les détails de l'arrestation de madame Tallien se trouvent contenus dans un Rapport dressé par Boulanger, sur l'exécution de l'arrêté du Comité de salut public du 3 prairial.

Ce rapport, daté du 13 prairial, est analysé dans un catalogue d'aulograpbes publié récemment pat- M. Charavay.

veuve Beauharnais, de la teneur même de l'inscription, on rencontre entre elles quelque chose d'inconciliable.

Joséphine, en effet, a été emprisonnée le 2 floréal {2[ avril 1794), et elle n'est devenue veuve que le T> thermidor suivant (23 juillet), c'est-à-dire trois mois après. Or, dans l'inscription, on dit : « Voilà dix-sept jours que nous sommes enfermés. » Et on laisse supposer que les trois signataires ont été arrêtées en même temps : ce qui déjà n'est pas exact. Mais enfin, en l'admettant, Joséphine ne pouvait signer : veuve Beauharnais dix-sept jours après son entrée aux Carmes, puisque son mari vivait encore et qu'il était dans la même prison qu'elle ; d'un autre côté, si l'inscription est postérieure à son veuvage, il y aura plus de dix-sept jours qu'elle est enfermée, et le texte ne concordera plus avec sa situation réelle.

Maintenant, ce que nous devons déclarer, c'est que nous avons trouvé une ressemblance frappante entre les mots veuve Beauharnais et ceux de même nature qui figurent au bas des autographes que nous avons examinés. Aussi sommes-nous disposé à admettre l'authenticité de cette partie de la signature, comme nous l'expliquerons plus loin.

Quant à celle de madame d'Aiguillon, nous n'avons rien trouvé jusqu'ici qui ait pu nous servir de terme de comparaison entre sa véritable signature et celle qui lui est attribuée ; mais nous croyons que c'est bien elle qui a écrit son nom. La raison qui nous

LA CHAMBRE Al X EPI I détermine, c'est qu'il est certain qu'elle a habita la môme chambre que Joséphine de Beauharnais, et qu'il s'est établi entre elles une véritable intimité.

Nous en puisons la preuve dans un passage des Mémoires de ï 'impératrice Joséphine , par Georgette Ducrest, mémoires dans lesquels, assurément, le caprice a pu se glisser plus d'une lois, mais qui n'en contiennent pas moins ça et là quelques détails vraiment historiques.

Or, voici ce qu'elle l'ait raconter à l'impératrice : « Un matin, le geôlier entra dans une chambre où je couchais avec la duchesse d'Aiguillon et deux autres daines; il me dit qu'il venait prendre mon lit de sangle pour le donner à un autre prisonnier.

« — Comment, le donner? dit avec vivacité madame d'Aiguillon; mais madame de Beauharnais en aura donc un meilleur? — Non, non, elle n'en aura pas besoin, répondit-il avec un atroce sourire, car on va venir la chercher pour la mener à la Conciergerie et de là à la guillotine.

« A ces mots, mes compagnes d'infortune poussèrent les hauts cris. Je les consolais du mieux que je pouvais; enfin, ennuyée de leurs éternelles lamentations, je leur dis que leur douleur n'avait pas le sens commun, que non-seulement je ne mourrais pas; mais que je serais reine de France*. — Que ne nommezvous votre maison! me demanda avec colère madame

1. C'était, comme on le sait, la prédiction qu'avait faite à Joséphine une vieille sibylle de la Martinique.

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d'Aiguillon. — Ah! c'est vrai, je n'y pensais pas. Eh bien, ma chère, je vous nommerai dame d'honneur, je vous le promets l. »

Maintenant, pour en revenir à l'inscription qui figure dans la Chambre auxépêes, nous pensons que mesdames de Beauharnais et d'Aiguillon ont simplement écrit leurs noms sur la muraille, l'un au-dessous de l'autre, et que plus tard, une autre main inconnue a tracé devant les mots : veuve Beauharnais, celui de Joséphine. M. l'abbé Lalanne émet, comme nous, l'opinion que ce sont deux personnes distinctes qui ont écrit le nom et le prénom. Quant au corps de l'inscription, il nous semble émaner de la même main que celle dont nous avons parlé plus haut, et qui est suivie de la signature de Destournelles. Il y a entre ces deux inscriptions une analogie très-grande, quant à la pensée, et surtout quant à la forme des lettres. Il est donc certain que c'est le même prisonnier qui les a tracées toutes les deux, soit avant, soit après le séjour de mesdames de Beauharnais et d'Aiguillon dans cette chambre ; car, à chaque instant, les détenus passaient d'une pièce dans l'autre, suivant les velléités du geôlier ou la venue de nouveaux prisonniers.

Pour ce qui est de la prétendue signature de la citoyenne Tallien, nous ne voyons en elle que la fantaisie rétrospective de quelque individu qui a pensé rendre

I. Madame d'Aiguillon, devenue comtesse Louis de Girardin, fut plus tard dame d'honneur de la reine de Naples.

(Mémoires iur l'impératrice Joséphine. Edition Barba, p. î>u.)

LA CHAMBRE Al X ÉPÉES. m;

l'inscription plus curieuse encore en ajoutant aux deux nom> existant déjà, celui de madame Tallien, avec laquelle Joséphine s'est liée plus tard.

On nous pardonnera, nous en somme convaincu, les détails minutieux dans lesquels nous avons dû entrer au sujet de cette inscription. Nous n'avons rien négligé pour tacher d'éclaircir l'espèce de mystère qui l'environne, et nous n'avons pu arriver à découvrir la vérité d'une façon aussi complète que nous l'eussions désiré. Il nous a donc fallu communiquer nus impressions, et nous serons enchanté si ces simples indications peuvent amener la révélation de quelque chose de certain de la part, de ceux qui ont pu connaître les personnages dont il vient d'être question.

A côté de ces inscriptions qui nous reportent, par la pensée, aux plus mauvais jours de la Terreur, il se trouve, dans la même chambre, quelque chose de plus émouvant encore, qui nous ramène aux massacres de septembre. Nous voulons parler d'empreintes laissées sur le mur par des sabres ou épées qui y ont été appendus tout dégouttants de sang. Quand on examine de près ces empreintes, on reconnaît fort bien l'existence de trois pommeaux d'épée ou gardes de sabre ayant adhéré au mur etlui ayant communiqué de larges taches auxquelles le temps a donné une teinte noirâtre. Au-dessous de ces trois pommeaux, on distingue six rigoles à peu près parallèles, descendant à une certaine distance du sol et se terminant en pointe. Ce sont des gouttes de sang qui, parties des deux extrémités

LA CD \MIMII M X ÈPÊES.

de la garde, ont suivi d'abord une route distincte et mit fini par se rencontrer.

Ces empreintes ont été consi rvées avec un soin religieux. Madame de Soyecourt les a fait également entourer d'un châssis vitré, et c'est à leur présence sur la muraille que la chambre a dû son nom de Chambre aux êpées.

M. l'abbé Lalanne n'admet pas que ces vestiges soient dus à des armes souillées de sang. « On conçoit difficilement, dit-il, comment, avec des sabres, on aurait pu faire des empreintes si longues et terminées en pointes droites ; comment, avec des épées, on aurait pu les faire si larges et si flexueuses; comment, avec des piques et des baïonnettes, on ne les a pas faites plus haut. Il est enfin évidemment impossible que les pommeaux et les lames se soient appliquées en même temps sur le mur. Aussi n'avons-nous pas hésité à dire que les pommeaux, qui sont d'ailleurs de couleur noire, ont été dessinés après coup ' . »

Quant à nous, nous ne pouvons nous associer à cette manière de voir de l'honorable écrivain. Les raisons qu'il donne ne nous semblent nullement concluantes, et tout, au contraire, nous porte à penser que ce sont bien là des empreintes de sang laissées par des armes.

D'abord, la situation de la chambre elle-même s'accorde très-bien avec cette hypothèse. En effet, elle n'est, ainsi que nous l'avons dit, séparée du corridor où pas-

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