‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 154 sur 200 · S68 PROTESTATION DE DEFORGUES · texte numérisé non relu

S68 PROTESTATION DE DEFORGUES

niateurs. On remarquera que, dans leur aveugle malveillance, ils apposaient indistinctement, à chaque réimpression qu'ils faisoient de cette circulaire, les noms des administrateurs à l'époque du 2 septembre, et de ceux qui leur furent postérieurement adjoints. Quelques exemplaires même portent les noms des citoyens qui n'ont été ni administrateurs ni adjoints1.

« J'ai prouvé que je n'étois ni administrateur ni adjoint, à l'époque du 2 septembre ; que j'étois chef du bureau d'illumination, que je n'ai donc pu signer cette fameuse circulaire, dont l'original devroit être représenté par les accusateurs, j'en ai fourni les preuves incontestables au comité de sûreté générale ; il paroît que tous les membres qui le composent ont été frappés de l'évidence de ma justification ; j'avois donc lieu donc lieu d'attendre que le mandat d'arrêt décerné contre moi seroit à l'instant révoqué ; que le comité s'empresseroit lui-même de me représenter libre à l'estime de mes concitoyens, et de rendre ma justification aussi éclatante que l'avoit été la calomnie.

« Cependant un membre, tout en avouant qu'il étoit frappé des preuves de mon innocence à l'égard de la circulaire, a pensé qu'avant de rendre à la liberté un ex-ministre, il étoit à propos d'examiner sa conduite aans le ministère. L'aveu est précieux, et il est donc bien démontré qu'il n'existe contre moi aucun chef

1. Depuis trois mois, la circulaire a été réimprimée de toutes les façons. On ignore qu'est-ce qui en a fait les frais : il en a été distribué des exemplaires dans toutes les sections.

PROTESTATION DE DEFORGUES. fttf

d'accusation, aucun motif de mandat d'arrêt, qu'on a besoin d'en trouver : il existerait donc encore des motifs apparents et des motifs secrets. Je tairai le nom du membre du comité, mais à condition qu'il accélérera ses recherches et son examen ; je vais encore lui en abréger la fatigue, lui indiquer toutes les sources où il pourra puiser des renseignements sur ma conduite : en quittant la mairie, j'ai été chef du contentieux de la guerre, ensuite secrétaire général du comité de salut public à sa formation ; puis adjoint de la guerre, et enfin ministre des affaires étrangères; partout il y trouvera des traces évidentes de mes sentimens et de mes principes; il y rencontrera encore quelques compagnons de mes travaux, dont il pourra consulter le témoignage.

« Je le somme donc au nom de ses devoirs, de hâter l'examen qu'il a désiré; qu'il n'imagine pas que je suis disposé à suivre le conseil donné dans le comité de sûreté générale, « il n'y a que deux jours que le a mandai d'arrêt est décerné, qu'il attende quelques « jours, pourquoi se presse-t-il? l'AMMSTlE... » Qui me parle donc d'amnistie ? quel langage pour des républicains ! ai-je mérité d'être outragé par votre indulgence? Je proteste d'avance contre toute amnist^; il n'en est point pour les fonctionnaires publics qui auroient trahi leurs devoirs, il n'y en aura pas sans doute pour les calomniateurs : je ne veux pas que vous me pardonniez, même l'erreur; l'erreur est un crime dans un fonctionnaire public qui doit connoître ses

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