PROCÈS-VERBAL D'ARRESTATION DE L'ABBÉ MASPIN, PRÊTRE DE SATXT-SULPICE
Aujourd'hui quatorze août, l'an quatrième de la liberté, à sept heures et demie du soir, devant nous commissaires soussignés de la section du Luxembourg, chargés d'interroger les différentes personnes suspectes, est comparu Jean Massin, maître ès-arts de la faculté de Paris, prêtre de la communauté de Saint-Sulpice, né à Saint-Léger-sous-Beuvray, diocèse d'Autun, âgé de trente ans, demeurant rue des Fossoyeurs, n° 36.
Lequel interrogé sur les liaisons qu'il peut avoir à Paris,
Nous a répondu avoir des liaisons avec les citoyens qui habitent la même maison que lui, et ses anciens confrères de la communauté de Saint-Sulpice.
Interrogé s'il n'a aucune relation avec les ennemis intérieurs ou extérieurs de la nation,
A répondu que non.
Interrogé s'il connaît M. Dumontel, cy-devant prêtre de la communauté de Saint-Sulpice,
ET LEUR INCARCÉRATION. iOi
A répondu que oui, mais que depuis la révolution il n'a pas été chez le sieur Dumonfel et ne l'a pas reçu chez lui.
interrogé s'il connaît l'abbé Jean Deville, cy-devant prêtre delà communauté,
A répondu que oui.
Interrogé si l'abbé Jean Deville avail des fonds pour payer les ci-devant prêtres de la communauté,
A répondu qu'il n'en avait pas connaissance.
Interrogé s'il ne sait pas que cet abbé fut chargé à la fin de l'année dernière par M. de Pancemont de payer lesdits ecclésiastiques de Paris,
A de nouveau répondu que non.
Interrogé s'il sait que le sieur Pancemont entretenait alors une correspondance très-suivie avec différents ecclésiastiques de Saint-Sulpice,
A répondu que oui, mais n'en avoir reçu aucune lettre.
Interrogé s'il regarde ledit sieur Pancemont comme pasteur actuel de la paroisse Saint-Sulpice,
à répondu que oui.
Interrogé s'il a prêté le serment exigé des fonctionnaires ecclésiastiques par l'Assemblée nationale,
A répondu que non.
Interrogé s'il était fonctionnaire public,
A répondu qu'il l'a été, mais qu'il ne l'est plus.
Interrogé s'il ne fait plus aucune fonction telle que celle de prêcher, d'administrer les sacrements de mariage, confession, batême, communion,
A répondu qu'il ne prêche plus, qu'il n'avait point fait de mariage, point baptisé, mais confessé et communié ceux qui s'étaient présentés à sa messe.
Interrogé à quelles églises il a fait ses fonctions,
A répondu avoir dit la messe et communié tantôt à Sainte- Geneviève, tantôt au petit Calvaire ou au Saint Sacrement, et parfois à la campagne, telle que le mont Valérien seulement,
mais où il Ha l'ail que dire la messe, ainsi qua Sainte-C.ene-
■vii'U'.
Interrogé quels sont ses moyens de subsistance,
A répondu que c'est Mme veuve Rougard, demeurant rue
l -soyeurs, n° 3<i, qui le loge et le nourrit gratuitement,
et quant à son entretien, il le lire en partie des dons que lui
fait ?a famille el des dons queltfy l'ait M. Pancemonl par les
mains de M. Dubray, prêtre.
Interrogé s'il sait que M. Pancemont fasse la même libéralité à d'autres ecclésiastiques,
A répondu que non.
Interrogé si H. Dubray est chargé de faire ces libéralités,
A répondu que le sieur Dubray, a ce qu'il croyait, faisait ces libéralités de la part de M. Pancemonl à. plusieurs ecclésiastiques, sans que l'interrogé sache le nombre de ces ecclésiastiques.
Interrogé s'il a porté le viatique depuis qu'il n'est plus vicaire de la paroisse,
A répondu qu'il l'avait porté deux ou trois fois.
Interrogé s'il se rappelle le nom de ceu.v auxquels il a administré le viatique,
A répondu qu'il avait administré M. Paute, peintre en bâtiments, à ce qu'il croit, demeurant rue du Four Saint-Germain; M. Malsulle, ancien tailleur, rue des Boucheries.
Lecture à lui faite du présent procès-verbal,
A répondu ses réponses contenir vérité et y a persiste.
Et a signé avec nous.
Ainsi signé: Massin, prêtre, Lohier, Lamonet, Leclebc, Ctband et Petitjean.
ET LEl'H INCARCÉRATION. 103
l-ROCES-VERBAl. I» ARRESTATION DE L ABBE DE lioiWY, CHANOINE DE VALENCIENNES.
Section du Luxembourg.
Aujourd'hui, quatorze avril, Tau 4e de la liberté, à neuf heures du soir, est comparu devant nous, commissaires soussignés de la section du Luxembourg, chargés d'interroger les différentes personnes suspectes,
Amable-Emmanuel-François De Doday, prêtre chanoine de Valenciennes, dans le Haynault, el ensuite vicaire de Saint- Sulpice, né à Lille, en Flandre, âgé d'environ 37 ans, demeurant rue des Fossoyeurs, n" 36.
Lequel, interrogé sur les liaisons qu'il peut avoir à Paris, nous a répondu n'avoir aucune liaison particulière, et spécialement aucune correspondance avec les émigrés.
Interrogé s'il connaît M. Dumontcl, cy devant prêtre de la communauté de Saint-Sulpicc,
A répondu que oui.
Interrogé s'il connaît L'abbé Jeandeville, cy-devant prêtre de la communauté,
A répondu que oui.
Interrogé s'il avait connaissance que l'abbé Jeandeville avail des fonds pour payer les ci-devant prêtres de la communauté,
A répondu qu'il ne sait pas si c'est M. l'abbé Jeandeville ou M. l'abbé Dubray jusqu'au mois de septembre dernier.
Interrogé s'il sail que ledit sieur Pancemont entretient des correspondances suivies avec des anciens prêtres de Sainl- Sulpice,
A répondu qu'il l'ignore.
Interrogé s'il regarde le sieur Pancemont comme pasteur actuel de Saint-Sulpice,
À répondu que oui.
Interrogé B'il a prêté le sermenl exigé des fonctionnaires ecclésiastiques par L'Assemblée nationale,
A répondu que non.
Interrogé s'il prêchait et administrait les sacrements, tels que les baptêmes, les mariages el administration des malades,
A répondu que non, el qu il disait quelquefois la messe au Saint-Sacrement, et qu'il confessait les personnes qui se présentaient à lui.
Interroge quels sont ses moyens de subsistance,
A répondu que c'était son traitement comme ancien chanoine de Valenciennes.
Interrogé s'il recevait des libéralités de M. Pancemont,
Il a déclaré en avoir reçues jusqu'au mois de septembre dernier et n'en avoir pas reçu depuis.
Lecture à lui faite du présent procès-verbal,
A répondu, ses réponses contenir vérité, et y persister.
Et a signé avec nous.
Ainsi signé : De Douât, Jamoneï, Leclerc. Ceyrand et Petitjeax.