‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 73 sur 200 · Œuvres inédites de l'abbé Ma (y · texte numérisé non relu

Œuvres inédites de l'abbé Ma (y

Malgré tout le respect qu'on doit à la mémoire de la Mère Rosalie, nous ne pouvons admettre ce récit, dans lequel domine l'invraisemblance. D'ailleurs la vé livrable Mère n'avait rien vu par elle-même ; elle tenait ces détails de personnes qui n'en avaient pas vu davantage, et, assurément, si un pareil fait s'était produit, il est tellement extraordinaire, que l'abbé Tessier d'une part, et le prétendu chirurgien de l'autre, eussent été les premiers à le raconter à ceux qui se sont occupés de cette terrible époque. Or personne n'a rapporté cet épisode : tous les écrivains, au contraire, ont fait figurer l'abbé Tessier parmi les victimes du 2 septembre 1792, et bien des années après, un prélat que sa situation mettait à même de connaître toute la vérité à cet égard, ajoutait que l'abbé Tessier avait eu la douleur de se voir frapper par un jeune homme à qui il avait fait faire sa première communion, et qui le perça d'un coup de baïonnette *.

Enfin il est difficile d'admettre que la Mère Rosalie qui, d'après son propre aveu, connaissait l'abbé Tessier avant son arrestation, ne l'ait jamais revu après un semblable événement. Il semble, au contraire, qu'elle eût dû chercher à entendre de sa bouche même le récit d'une délivrvnce aussi extraordinaire, et lui en témoigner toute sa joie.

Ces considérations nous déterminent donc aussi à maintenir, jusqu'à plus ample preuve, cet infortuné

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