‹ Le couvent de Carmes et le séminaire de Saint-Sulpice pendant la TerreurChapitre 97 sur 200 · Le 13 frimaire an n · texte numérisé non relu

Le 13 frimaire an n

Sectio.n do Bonnet noccE.

• !.•• nommé Rouganne, prêtre du mont Valérien, s'est présenté au comité cejourd'hui et ayant visité les papiers ci-joints, on l'a reconnu

i30 ARRESTATIONS

naire que présidait Emmanuel Dobsen, il fut condamna à mort Le 28 ûoréal(17 mai 1794 1 et exécuté immédiat tement.

L'abbé Rouganne était un vieillard fort ardent dans s-es convictions politiques ou religieuses et ayant la manie d'écrire. 11 avait composé un grand nomblf d'ouvrages ou brochures ayant trait surtout aux difficultés du temps. Voici le titre de plusieurs de ces écrits : Le nouveau cas de conscience. — Observations réfléchies. — Extraits importants. — Le décret du 13 avril mal justifié. — L'insuffisance de la déclaration de M. Vévêque de Clermont. — Ne vous y fiez pas! — Adresse aux évêques. — Plainte à M. Buck. — Copie d'une lettre au souverain pontife. — Vérités hardies. — Propositions erronées. — Difficultés proposées.

Devant le tribunal révolutionnaire il se défendit] dit-on, avec une énergie peu commune; et voyant que son argumentation restait sans effet, il menaça ses' juges des peines de l'enfer; mais ni ses gestes ni sa voix de stentor ne purent le sauver.

En sortant de la prison du Plessis, M. Émery alla passer quelques jours chez M. l'abbé [Montaigne, rue des Maçons-Sorbonne, puis il revint au séminaire Saint-Sulpice prendre de nouveau possession de la portion de bâtiments qui lui avait été réservée; mais

pour un bomme suspect. Le comité a arrêté qu'il serait traduit au département de police.

«Fait audit comité, ledit jour, mois et an que dessus.

« Siyné : Daire, président; Foste, Luthau et Poinclos, commissaires.»

{Archives de l'empire.)

son séjour n'y fut pas de longue durée. L'influence qu'il exerçait sur le clergé le rendait suspect aux yeux de bien des gens; aussi lança-t-on contre lui de nouvelles dénonciations dans lesquelles on le présentait « comme étant l'ame et le centre des oppositions qu'éprouvait l'Église constitutionnelle. »

Dans cette situation, M. Émery comprit qu'il ne pouvait rester plus longtemps au séminaire; il alla donc habiter un logement dans la rue d'Enfer, et peu de temps après, il partit pour Gex, sa ville natale.

D'ailleurs, en rentrant au séminaire, il l'avait trouvé plus que jamais envahi par des individus, hommes, femmes et enfants, dont l'attitude était également loin de le rassurer. En effet, la commission chargée de statuer sur les demandes adressées par ceux qui voulaient être logés dans le séminaire, se montrait fort peu difficile sur leur plus ou moins de moralité, et il en résultait, à l'intérieur, des scandales sans nombre1.

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