‹ Le Couvent des Dominicains de Sens [microform]Chapitre 3 sur 30 · PLAN RECONSTITUE · texte numérisé non relu

PLAN RECONSTITUE

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chanoine de Sens. A l'intérieur on remarquait dans la chapelle Saint-Jacques, située au midi à côté du chœur, de belles verrières en grisailles, « représentant des batailles (1); » l'une d'elles avait été donnée par Gilles de Barville, archidiacre de Melun, chanoine de Sens, mort le 15 octobre 1556 et inhumé dans la cathédrale (2). Une seconde chapelle était dédiée à sainte Rose, en l'honneur de la religieuse du Tiers-Ordre de Saint-Dominique, béatifiée par Clément IX, le 10 février 1668. L'autel de cette chapelle, surmonté d'un tableau représentant sainte Rose, avait été placé pour la grande cérémonie qui eut lieu à l'occasion de la béatification dans l'église des Jacobins le 3 février 1669. Jacques Rousseau, curé de Saint-Romain, témoin oculaire, en donne la relation détaillée dans son Histoire manuscrite de Sens (3). D'autres autels se trouvaient dans l'église sous les noms de Saint-Hyacinthe, du Sépulcre, de Notre-Dame de Pitié et de Saint-Roch, plusieurs piliers (trois au moins) existaient entre la nef et ^unique bas-côté sud qui comprenait sans doute quatre ou cinq petites chapelles latérales (4). Au

(1) Notes du chanoine Garsement de Fontaine. Archives de l'Yonne, F 10.

(2) QoESVEUS. Inscriptions de l'ancien diocèse de Sensl, p. 471 et 472. Voici la disposition du testament de Gilles de Barville en date du G septembre 155G concernant ce vitrail : « Item veult et ordonne que mesdictz exécuteurs facent faire une verrière en l'église des Jacobins de la ville de Sens et une aultre semblable en l'église des Cordelliers, chascune d'icelle verrière semblable a celle que M' Fritart (Nicole Fritart, chanoine de Sens) a donné ausdictz Jacobins, desquelles verrières seront apposées et mys les histoyres et figures telles que seront cy après par moy ordonnez et advisées ou par mesdictz exécuteurs. » Archives de l'Yonne, G 135.

^3) lîibl. de Sens, Ms n° G5, p. 448.

(4) Ces indications résultent des légendes qui donnent l'emplacement de

premier pilier du cliœiir était suspendu un escalier tournant qui excitait, paraît-il, l'admiration générale, D. Morin, dans son Histoire du Gastinois , imprimée en 1630 , y fait allusion en ces termes : (( Dans la nef de ladite église des Jacobins se voit une hardie montée à l'entour d'un pillier qui n'est supportée de rien que du seul pillier, dans lequel pillier elle est enclavée et suspendue en l'air de tous cotez et tourne tout autour du pillier (2). » Cet escalier suspendu devait sans doute accompagner un jubé qui séparait le chœur de la nef.

Une dernière restauration eut lieu vers 1660 (3),

chaque pierre tombale. Bibl. Nat. Français 8225. Voy. le relevé publié ù la fin de cette étude. Plusieurs confréries avaient été fondées dans celte église ; la plus célèbre était celle du Rosaire dont l'origine remonte à la prédication de saint Dominique, une nouvelle expansion à cette pieuse pratique fut donnée dans l'église des Dominicains de Sens par la fondation d'Eracle Cartault, chanoine, curé de Saint-Maximin, mort le 17 juillet 1C53 (QoEsvERs. Inscriptions I, 576), qui avait institué, pour le 1" dimanche d'octobre, un office solennel auquel devaient se rendre processionnel- Icment les chanoines de la Métropole (Voir plus loin Livre des Gbits), Dès leur arrivée à Sens, les Dominicains établirent également la confrérie de Saint-Jacques ; étaient seules admises à en faii-e partie, rapporte lé curé Rousseau, les personnes qui « ont fait le voyage de Saint-Jacques de Compostelle ou ont la volonté de le faire. » (Bibl. de Sens, Ms n» G5, fol. 446.) La confrérie de Saint-Cosme et Saint-Damien existait aussi pour les chirurgiens, c'était dans une salle du couvent qu'avait lieu la réception des nouveaux chirurgiens admis à exercer, M. Pellée paya 10 livres, pour le droit de la salle, le jour de sa réception, en 1733, à l'art de chirurgie. (Archives de l'Yonne, H 583). Il y avaitencore les confréries de la Madeleine pour les tonneliers et de Saint-Eloi pour les serruriers.

(2) Doni MoRTN, Histoire du Gaslinois p. 656.

(3) Ribl. de Sens, Ms n° 98 fol. 53. Dés le 13 avril 1651, le P. Biaise de la Cour, du couvent de Beauvais, avait été autorisé par le Maître général de l'Ordre à quêter pour la restauration du couvent de Sens, sur tout le territoire de la province de France. Archives de l'Ordre, Registre du général Ridolfi.

on refit, à cette époque, les voûtes en bois, mais celles-ci ne furent terminées que jusqu'au premier pilier du chœur. Marie de la Mare, sœur du saint missionnaire dont nous avons parlé plus haut, laissa au couvent, par ses testaments des 3 mai 1662 et 13 juillet 1672 (1), sa maison de la Grande -Rue dont les revenus accumulés devaient servir à refaire les voûtes de l'église. Les annalistes contemporains disent que cette église présentait « un grand vaisseau lambrissé, avec un bas-côté à moitié voûté (2). » Cet édifice, menaçant ruine et ses dimensions étant devenus trop vastes pour une communauté réduite à sept ou huit religieux, fut démoli au milieu du xviiie siècle, en 1759, et le service du culte transféré dans le réfectoire que l'on transforma en chapelle. Le sol de l'ancienne éghse, qui fut complètement rasée, devint un terrain vague, bientôt utilisé comme chantier de bois. Nous voyons, en effet, que, par baux de 1765 et 1772, les religieux jacobins louèrent à Thomas Adenis-Colombeau et à Louis Béranger, marchands de bois, « le terrain où estoit leur ancienne église (3). »

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