II. — CLOITRE
Le cloître était compris entre l'ancienne église, les rues Beaurepaire, Charles-Leclerc et le réfectoire; contrairement à la règle générale il ne formait pas un cari'é parfait ; dans le sens de la lon-
(1) Archives de l'Yonne, H 578, (2), Bibl. de Sens, Mss n«' G7 et 99.
(3) Archives de l'Yonne, II 579.
gueur, c'est-à-dire du côté nord de l'église et de la rue Mauconseil, il mesurait 35 mètres, les deux autres côtés sur la rue Beaurepaire et le long du réfectoire n'avaient pas plus de 24 mèlres, parce que la maison conventuelle s'étendait sur cette partie du cloître qui était double et soutenue au milieu par plusieurs piliers de pierre, le rez-de-chaussée du bâtiment claustral comprenait, indépendamment de la galerie nord du cloître, une longue salle où se tenait l'école de théologie (1), une chaire était attachée au mur bordant l'ancienne rue Mauconseil (2). Cinq contreforts, hauts de 8 mètres environ, se voient encore dans les murs extérieurs donnant sur les cours et jardins des immeubles construits rue Charles-Leclerc, depuis le coin de la rue Beaurepaire jusqu'au bâtiment de l'ancien réfectoire. On remarque en outre, dans le mur de la maison habitée par M. Sépot, des pierres taillées reposant sur de petits chapiteaux, appuyées contre ces contreforts et formant les naissances des arcades des travées du cloître, qui étaient au nombre de six de ce côté. Ainsi que paraît l'indiquer la hauteur des contreforts, cette partie de la galerie devait être surmontée d'un étage. Une histoire manuscrite de Sens, attribuée à Pierre CartauU. rapporte que le pape Pie V, dont le pontificat embrasse les années 1565 à 1572, donna 15 000 livres pour ce cloître et que
(1) « On appelle le lieu prédicatoire^ tous les dimanches on y expliquoit les Saintes Ecritures, ensuite on jjreschoit, a^îrès quo}' on faisoit laqueste dans l'assemblée » Bibl. de Sens, Ms n° 67, p. 612.
(2) Notes du chanoine Garscment de Fontaine, Archives de l'Yonne, F 10.
ses armes se voyaient a à la face du costé du midi (1). ))
Le cloître disparut au xvni« siècle, à peu près eu même temps que l'ancienne église, la plus grande partie de la maison conventuelle bâtie sur la galerie nord du cloître (2) fut transformée en un vaste magasin loué par la ville, suivant bail du 2 juin 1771 (3), pour y mettre les armes (4) et effets de la milice ; l'emplacement du reste du cloître était déjà devenu, en vertu d'un bail du 21 mai 1765 (5), une annexe du chantier de bois de Thomas Adenis. Le bâtitiment loué à la vihe occupait l'angle des rues Beaurepaire et Charles-Leclerc, le-surplus de la maison conventuelle s'étendant du côté de l'ancien réfectoire fut conservé par les religieux qui l'habitèrent jusqu'en 1790.
(1) Bibl. de Sens, Ms ii" G7.
(2) « Leiircouvcnt est très irrégiilier et mal Mli, dit PieiTe (]artaidt au xviii' siècle, en entrans il y a un costé de cloistrc avec des arcades ou s'assemblèrent les Etats, lors de la rédaction de la coutume de Sens, en l."),")"). Il y avoit des bûliments au-dessus, du costé du cloistre sur la rue, où esloienl les novices du temps du P. Flcury, procureur de cette maison, en 1718 il y en avoit encore. » Bibl. de Sens, Ms n° 07, p. IJ12. Antonin Fleury était syndic du couvent en 16GG.
(3) Archives de l'Yonne, II 579.
(4) Ce n'était pas la première fois que Ton déposait les armes de la milice bourgeoise dans le couvent des Dominicains, des Lettres Patentes de Charles IX du 2 décembre l.")()3 avaient prescrit que x suivant ce qui avoyt esté ordonné par Mgr le duc d'Aumalle, gouverneur du pays, en exécutant redit de pacification pour désarmer les hal)itans des villes, les armes desdits habitans de Sens denioureronl es couvent/, des Cordelicrs et îles Jacobins dudict Sens soubz deux clefz dont le bailli de Sens aura l"une et le maire et eschevins l'aultre. » G. Juli.iot, Cart. de Daltasar Taveait, p. 13G,
(5) Archives de l'Yonne, II 579.