II INTRODUCTION
« Ces louanges et cette vénération qui montent vers l'élue du Seigneur ne vont pas sans s'arrêter aussi aux pieuses filles de cette sainte mère, et c'est précisément la gloire du diocèse du Mans d'avoir toujours eu, pour édifier ses fidèles, un monastère de Notre-Dame : celui de la Ferté-Bernard jusqu'à la Uévolution, et celui de La Flèche depuis la Uévolution, c'est-à-dire depuis qu'une partie de cet archiprètré a été séparée du diocèse d'Angers » (1).
Ces lignes datent d'octobre 1900. Depuis lors, les événements se sont précipités, et le diocèse du Mans va perdre ce qui faisait sa gloire, va voir se briser les quelques fleurons qui restaient encore de sa resplendissante couronne de communautés et de cloîtres.
La loi de 1901 sur les Congrégations avait commencé la dispersion inique, l'exil impie des ordres religieux. Le trop célèbre Combes, continuant l'œuvre de Waldeck-Rousseau, outrepassa les intentions de son prédécesseur et la lettre de sa loi. Par des décrets injustes, il supprima, en fait, l'enseignement congréganiste en France et chas.sa peu à peu les maîtres et maîtresses, Frères et Religieuses, qui, depuis des siècles, se consacraient, avec combien de fruit et de succès, à l'instruction des enfants de nos villes et de nos campagnes. Quelques écoles, et entre autres celles de La Flèche, demeuraient ouvertes, pour la conservation desquelles on voulait espérer contre toute espérance. Tel le naufragé, à bout de forces, seul, perdu dans rimmensité de l'Océan, attend encore du
(i) La Bienheureuse Jeanne de Lcstonnac et les Filles de Noire- Dame, à la Ferté-Bernard, par M. Paul Calcndini, dans la Province du Maine, t. VIII, p. 3 17.