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LE SOIR ET LE MATIN

Rien ne m'attriste autant que le lever du jour.

Le rire du matin dans les bois d'alentour,

L'or joyeux de ses pas sur la plaine vermeille ,

La gatté des oiseaux que la lumière éveille,

L'ambre amoureux des fleurs, qui semblent, en commun ,

Envoyer au soleil des baisers de parfum,

Tout me serre le cœur. Quand je vois la nature,

Des brouillards du sommeil , s'élancer fraîche et pure ,

Je songe à mes beaux ans , devenus des hivers,

A d'impossibles fruits, à des amis bien chers.

Qui devaient dans ce monde escorter mon passage.

Et se sont arrêtés à moitié du voyage;

Le jour me fait penser à leur épaisse nuit.

J'ai honte de bénir la clarté qui me luit.

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