‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 114 sur 172 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Et de quitter Talcôve, où j'ai peine à l'attendre, Quand eux ne quittent plus leur lit d'ombre et de cendre. Plus tard je m'accoutume à ne pas les revoir. Et l'aurore est un mal, dont je guéris, le soir. Des vapeurs du couchant quand Dieu masque la terre. Le cœur se sent moins veuf, l'âme moins solitaire. Quand tout parait caché sous des voiles pareils, On se réconcilie avec les longs sommeils.

Quand tout s'endort, couvert d'un silence uniforme. On ne s'étonne plus qu'un frêle écho s*endorme ; Et ces amis perdus, qu'on pleure encor pourtant. Quand tout se tait, leur voix ne nous manque pas tant.

COMPElVfSATIOlVf.

Le génie est un trône , où l'on monte en souffrant. De ceux qui sont heureux n'attendez rien de grand. Leur horizon splendide a des bornes prochaines : Le bonheur ici-bas n'habite que les plaines ^ Et son regard paisible, ami des gazons verts, Aux confins de ses champs limite l'univers.

Un peuplier, qui tremble au fond du paysage, Du ciel à ses élans fermera le passage.

Les contours élégants de ses simples coteaux N'enserrent ni rochers, hantés par les échos. Ni cavernes, témoins de sinistres miracles.

Oh des temps primitifs serpentent les oracles. Comme un bei^er antique assis aux bords des flots, Qui baignent, en jasant, les fleurs de son enclos.

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