LES NUAGES
Comme nous de la terre, habitants de l'espace, Les nuages, fuyant sans y laisser de trace, Mosaïque» de Tair, y dispersent au vent, De nos fastes confus, le mirage mouvant.
Comme nous dans Tarène où joutent nos querelles, Leurs vagues légions se poursuivent entre elles, Et mêlent, en courant, leurs légers étendards. Mystérieux vaisseaux , équipés de brouillards , De quels bords viennent-ils ? dans quel golfe d'étoiles, Vont-ils jeter leur ancre, ou replier leurs voiles? Qui pourrait le savoir ? c'est le secret du vent. Quelquefois comme un cygne, on les voit, s' élevant. Se bercer dans l'azur sur leurs ailes d'écume; D'autres fois, y semant leurs écailles de brume.