‹ Le couvre-feu: dernières poésiesChapitre 127 sur 172 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Pour nier le miracle , on le dit impossible y Ck>mme si Ton pouvait, à l'Être inaccessible, Du possible de l'homme appliquer le compas.

Avec vos yeux d'humains, vous ne voyez donc pas. Qu'où s'arrêtent vos sens, c'est le ciel qui commence ? Le jugement dernier vous semble une démence I Vous ne comprenez pas ces morts de tous les temps, Tenant tous à la fois dans un seul de vos champs; Ces assises du globe, où, poussière à poussière, L'Étemel pèsera la terre tout entière!

Pour contenir les os de tout ce qui fut nous. Vous trouvez trop étroit le lieu du rendez-vous. Où, pasteur justicier, le Vent de Dieu vo*s mène ! Ehl que direz-vous donc de la mémoire humaine, bnmense Josaphat, où les siècles mêlés S'assemblent en congrès, dès qu'ils sont appelés; Et non pas seulement les hommes ou leur cendre. Mais où viennent aussi se grouper et se rendre. Les empires défunts, les forêts, les cités.

Et des fleuves taris les flots ressuscites.

Et des océans morts les flottes vagabondes.

Et non pas seulement la terre, mais les mondes ?

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