LA FIN DU MONDE
FRAGMENT
DU POEME DE L*UNIVBR8
L^homme est le résumé du globe qa*!l habite, et qaand il meurt, c'est comme si le monde mourait lui-même. Cette comparaison est d*autant plus frappante, que l'homme est plus complet.
Un noble Italien du seizième siècle, Lorenzo, avait entrepris et pres(iue achevé un poème, où Û devait, en la chantant, expliquer la création. Sa mort semble à mes yeux entraîner celle de Tunivers, et au moment de raconter Tune, je décris ce que sera l'autre.
Loi:^ue l'Esprit divin, sur Tablme porté, Eut fait honte au chaos de sa stérilité, Du gouffre plantureux les vagues s'agitèrent : Les astres par milliers dans l'infini montèrent,
Et notre monde alla, turbulent embryon ,
Dans quelque coin des airs rouler en fusion.
Le Temps, ayant calmé, consolidé ces ondes,
Couva Tœuf attiédi de ses ailes fécondes.
Et la poudre enfanta. D'effrénés végétaux
Poussèrent jusqu'au ciel leurs flottants chapiteaux ,
Et d'énormes dragons, tout écaillés de marbres,
D'une forêt vorace assiégèrent les arbres.
La terre veut produire, et la terre produit.
L'ordre vivant de Dieu dans ses flancs s'introduit.
En lie qui respire il pétrit la baleine,
Ou gonfle en éléphant le limon d'une plaine.
On nage, on vole, on rampe, on bourdonne partout;
Le globe n'attend plus qu'un monarque de tout,
Et, se faisant un maître avec un satellite,
U soulève en humain sa poussière d'élite.
Un jour Dieu lui dira, las de la voir fleurir :
Qu'on cesse de créer, il est temps de mourir!
Et la terre docile abdiquera la vie;
Mais l'existence en fuite, à pas lents poursuivie,
Descendra lentement son trône à reculons.
Gomme elle aura monté, sans passer d'échelons.